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Le métro, une plage,
un jeune homme mal dans sa peau, une jeune
femme légèrement désorientée,
une approche maladroite, mais une rencontre.
Celle de Joel et Clementine. Ils s’aiment,
jusqu’au jour où Clementine,
lasse du quotidien de sa romance, décide
de gommer définitivement cette histoire
d’amour imprégnée dans
ses neurones. Que peut faire l’unique
survivant de cette mémoire unicellulaire
? Demeurer seul conscient des heures passées
avec un être volontairement amnésique
? Impossible pour Joel, même si leur
histoire n’a pas toujours brillée
par son harmonie, de s’enfoncer dans
cette souffrance et de faire le deuil. C’est
donc par le même procédé
qu’il décide lui-aussi de faire
disparaître Clementine… Mais
durant le processus, son cerveau se rebelle
et résiste. Il tente désespérément
de cacher son amoureuse dans les coins les
plus retranchés de son cerveau. Entre
l’amour et le vide, le réel
et l’ inconscient, Joel va se battre,
pour tenter d’avoir une seconde chance…
Eternal sunshine of the spotless mind
n’est pas un film qui se raconte,
mais qui se regarde…( Ce titre long
et intriguant qui joue déjà
avec notre mémoire , est emprunté
à un poème d'Alexander Pope).
Michel Gondry et Charlie Kaufman (scénariste
de Dans la peau de John malkovitch)
nous plongent dans un univers à la
limite de la science fiction, celui de notre
inconscient… On s’identifie
naturellement à ce couple déchiré,
à cet amoureux vulnérable
complètement "largué"
dans ses souvenirs, à cette amoureuse
définitivement "allumée"
qui change de vie comme de couleur de cheveux,
à cette opportunité d’une
seconde chance, à cet horizon infini
et à tous ces jolis mots pour se
lier…L’entreprise de la démolition
de la mémoire aurait raison de tout.
Sauf de l’essentiel : l’alchimie,
le désir de deux êtres qui
se trouvent bien ensemble, qui se sont trouvés
et qui se retrouveront, même si le
schéma doit rester le même…
Comprendre que la douleur, les erreurs,
la souffrance ne sont pas forcément
indissociables des évènements
plus joyeux. Donner une place à nos
souvenirs, et admettre que rayer le passé
n’est pas forcément la solution
pour ne pas souffrir dans le présent.
A l’inverse d’Ozon qui offrait
une conclusion apocalyptique dans 5x2,
de son histoire « d’amour »
en compte à rebours, Gondry et Kaufman
ont misé sur un concept narratif
décalé (on situe chronologiquement
les évènements au fur et à
mesure du film) mais en s’accordant
le privilège d’une fin optimiste
et réconfortante : une nouvelle rencontre
entre deux nouveaux ex-amants qui donnent
une seconde chance à leur amour,
sans vraiment le savoir. Une belle sortie
du mode de pensée commun...
Combien sont-ils dans la tête de Kaufman
et Gondry pour avoir autant de génie,
de magie, de fantaisie ?
Julie Chamard
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