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Nader, un "revendeur"
de baskets sur les marchés est contraint
de se rendre sur une toute petite île
de la Méditerranée, pour tenter
de « liquider » Chris Barnes,
un ex-roi de la jet-set et ami des stars,
qu’une mystérieuse commanditaire
veut coincer… Sur le bateau, il fait
la connaissance de Daniel, un trentenaire
angoissé qui a quitté sa femme
en plein accouchement et ses nombreux enfants,
pour rejoindre une jeune femme rencontrée
sur le net. Avant d’arriver, convaincus
que cela facilitera leur approche, Daniel
et Nader échangent leurs identités.
Ils échouent à la Villa Mektoub.
Dans cette hôtel tenu par Chris Barnes,
ses deux filles et son gendre, chacun tente
de passer des vacances ou d’accomplir
sa mission, mais personne n’est vraiment
ce qu’il a l’air d’être…
Après la Bostella, les fans
d’Edouard Baer seront ravis de retrouver
l’univers qui lui est si propre :
un même joyeux "n’importe
quoi" organisé, servi par une
belle pléiade de stars et par ses
complices de toujours. Les deux personnages
centraux, Nader et Daniel, sont des archétypes
d’anti-héros de films d’aujourd’hui,
mais propulsés dans un univers fantasque,
exotique puis finalement inquiétant…
Et il y a le "coup de théâtre"
du film : un film dans le film, dont l’évocation
reste cependant abstraite… Une heureuse
trouvaille qui permet au réalisateur
de poursuivre son goût pour les coulisses
et l’envers du décor…
Une sorte d’enquête sur une
troupe de comédiens, artistes et
chanteurs extravagants (vraiment impressionnants
!) jouant un spectacle pour un public clairsemé,
et puis pour nous… Une très
forte notion de troupe justement, déjà
abordée dans la Bostella
et avec le grand Mezzé, puisque les
personnages sont isolés du monde
dans cette villa, comme les acteurs l’ont
été durant le tournage…
Edouard Baer a naturellement su créer
une atmosphère "à part",
conviviale et généreuse, sans
jamais tomber dans le cinéma façon
« cuisine interne » qui se regarderait
le nombril. De sa fascination pour les gens
au bout du rouleau, des gens en fin de parcours,
ou en manque d’inspiration mais inconscients
de tout cela, il dresse des portraits aussi
magnifiques que pathétiques, tout
en restant humain et subtil… Fantaisiste,
décalé, nouveau et drôle
Akoibon est LE film à découvrir
en ce moment, qui pourrait enfin vous réconcilier
avec le cinéma français...
Jean Rochefort, a dit de lui qu’il
attendait que ce réalisateur devienne
Pialat, Bergman et Keaton en même
temps d’ici une dizaine d’années…
Il a lui même été conquis
par cette étrange bande cosmopolite
et brillante, qui semble "obsédée
par le désir de passer pour imbécile,
mais toujours dans l’élégance…"
L'acteur se remet à peine de ce tournage,
dont il est ressorti
"comme ébloui" avec l'impression
d'avoir enfin retrouvé "sa famille
de cinéma"! Benoît Poelvoorde,
lui, est prêt à retenter l’aventure
avec cette troupe sans même lire une
ligne du scénario… Un réalisateur
de génie, donc, qui pour le moment
"n’attire"que les fans de
l’humour "à la Edouard
Baer", mais ça aussi vous dira
Jean Rochefort "C’est follement
snob et tellement classe !"...
Julie Chamard
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