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Brian Lackey a huit ans
lorsqu'il se réveille dans la cave
de sa maison, le nez en sang, sans aucune
idée de ce qui a pu lui arriver.
Mais sa vie s'en trouve totalement chamboulée
: cauchemars, peur du noir, évanouissements...
Brian n'est plus que l'ombre de lui-même.
Dix ans plus tard, il pense avoir été
enlevé par des extra-terrestres,
et s'adresse à Neil, une petite frappe
à la beauté diabolique, pour
qu'il l'aide à résoudre cette
enigme...
Gregg Araki, a longtemps été
réputé pour être le
porte parole d'une génération
perdue: celle qui ne pense qu'à passer
du bon temps, qui se perce les tympans avec
de la musique trop forte et qui se livre
sans complexe à une sexualité
débridée (The Doom
Generation et Nowhere,
en sont le parfait exemple)... Longtemps
jugé provocateur* "indécent"
et "nuisible" par la critique,
Gregg Araki a tenu bon. De son parcours
de cinéaste sans le sou, mais qui
a concrétisé tous ses films
en y mettant corps et âme, il est
enfin reconnu des grands studios hollywoodien
sans avoir fait de concession. Même
regard sombre que le réalisateur
Larry Clark (Kids, Ken park),
sur des adolescents désabusés,
Gregg Araki s'amuse toujours à détourner
les acteurs de séries pour adolescents
(comme Kathleen Roberston, qui jouait dans
Beverlly Hills, et se
retrouve en sulfureuse bisexuelle aux côtés
de Chiara Mastroianni dans Nowhere,
et en femme "fatale" dans Splendor
sorte de Jules et Jim
version trash...) et casser leur image
trop lisse. Cette fois-ci, il a détourné
du droit chemin l'actrice Michelle Trachtenberg
(Buffy contre les vampires) et
Elisabeth Shue (elle pensait être
aller aux bouts de ses limites avec Leaving
Las Vegas en interprétant une
prostituée, elle n'avait encore rien
vu!).
Pour les réfractaires de ce genre
de cinéma totalement indépendant
dont la crudité peut parfois sembler
gratuite, ils ne peuvent qu'être troublé
par Mysterious Skin. Adapté
d'un roman de Scott
Heim, le réalisateur a mis plus de
sept ans (de reflexion) avant de trouver
les moyens de traduire en images toute la
complexité et le lyrisme éthéré
de cet oeuvre... Le cinéaste utilise
une caméra subjective afin de mieux
servir la narration, sur une bande sonore
de Cocteau Twins (la musique très
présente peut être considérée
comme l'un des personnages du film) et adopte
une image également très colorée
(à dominante de bleu et de rouge).
Si Gregg Araki s'est visuellement assagi
il reste, heureusement, provocateur et émouvant,
sur un sujet excessivement difficile : la
pédophilie.
Un film consciencieusement trash, mais totalement
bouleversant, qui risque de marquer à
jamais la conscience des spectateurs...
* Aujourd'hui encore, certains films du
réalisateur comme Totally Fucked
Up, ou The living end n'ont
pas été édité
en DVD. Plusieurs scènes de the
doom generation ont été
coupées pour la version DVD...
Julie Chamard
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