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April est une jeune fille un peu
paumée... Installée dans les
bas fonds de New York, elle tente de mener
une vie "normale" aux côtés
de son petit ami Bobby. En froid avec sa
famille depuis longtemps, elle décide
de les réunir pour célébrer
Thanksgiving, et tenter de se rapprocher
enfin de sa mère, atteinte d'un cancer.
April se met aux fourneaux pour préparer
la traditionnelle dinde, mais se rend vite
compte que son four est cassé! Il
lui faut alors frapper à toutes les
portes de cet immeuble glauque, rencontrer
une foule de voisins déjantés,
pour trouver un four disponible...
Pendant ce temps, le reste de la famille
fait le trajet en voiture... Joy, la mère,
enchaîne les blagues de mauvais goût
sur sa maladie, et n'espère qu'une
chose: faire demi-tour. Tommy, le fils,
agace tout le monde en prenant des photos
sur le vif, Beth, la cadette, cherche à
être "parfaite", Dottie
la grand-mère, ne se souvient plus
de grand chose, et Jim, le père,
espère tout de même passer
une bonne journée...
Pieces of April est sans doute
la deuxième bonne surprise de cette
semaine! (la première étant
: Peau de cochon !). Peter Hedges
(scénariste de Gilbert Grape,
Pour un garçon...) revisite
le traditionnel film de Thanksgiving, avec
une certaine fraîcheur. A partir d'une
idée simple (un four cassé),
le réalisateur réussit à
faire un film, généreux, drôle,
émouvant et sans prétention,
sur le temps qui nous manque, et sur la
manière de dire (sans les mots) :
merci, je suis désolé et au
revoir...
Filmé en caméra DV pour un
effet "très vrai" et créer
une intimité direct entre les personnages
et le spectateur, Pieces of April,
balance entre comédie et drame. On
pourra sans doute regretter certaines "facilités"
de métaphores et de clichés,
heureusement employés avec parcimonie
et qui finalement donnent une petite maladresse
assez touchante...
Quant à Katie Holmes, fraîchement
débarquée de la série
pour adolescents Dawson, on était
en droit d'avoir des doutes sur ses talents
d'actrice ! Elle se révèle
aussi inattendue que drôle, sexy et
légèrement hystérique,
dans la peau de cette April, un peu capricieuse
et souvent imprévisible (comme le
mois d'avril...).
Peter Hedges a su éviter de tomber
dans le mélo, alors que le sujet
de fond est pourtant grave. Et même
si la fin est courue d'avance, on ne peut
s'empêcher de tomber dans le piège,
et de verser notre petite larme, tout simplement
parce que c'est bien fait...
Julie Chamard
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