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Rassurez-vous, j’ai enfin
une bonne nouvelle : le film de David Cronenberg
!
Et là, sans vouloir jouer de mon
esprit de contradiction, ils sont peu les
journalistes cannois à lui avoir
décerné la Palme (au plus
trois étoiles)… Il faut croire
que je ne suis pas encore en phase avec
la mouvance cannoise, mais je décerne
tout de même ma palme a A History
of violence (bien sûr,
je n’ai pas vu tous les films, et
il me reste Broken Flowers, grand
favori, à voir ce soir…).
J’offre ma palme à Cronemberg,
tout d’abord, parce qu’il m’a
surprise… Il s’est cette fois-ci
éloigné de la noirceur poético-fantastique
à laquelle il nous avait habitués
pour rejoindre le film de genre… Autre
surprise, on rit beaucoup en voyant le film,
et pour un Cronenberg, c’est rare…
Bien sûr, on retrouve les thèmes
qui lui sont si chers : l’identité,
la sexualité et la violence…
Parce que le jour où Tom Stall défend
son petit coffee shop d’une petite
bourgade typique des Etats-Unis, sa vie
bascule et celle de sa famille avec…
Il n’est pas bon d’en dire trop
car il serait dommage de dévoiler
l’intrigue du film. Adapté
d’une BD éponyme (la grande
mode en ce moment…), le scénario
nous réserve son lot de surprises
et de rebondissements… Une rigueur
absolue et élégante dans la
mise en scène. Le projet de Cronenberg
de démonter les clichés du
rêve américain (on s’en
rend très vite compte mais ce n’est
pas le propos) en utilisant lui-même
des clichés était assez périlleux.
Le cinéaste canadien s’en sort
brillamment et avec ironie. Il nous prouve
cette fois-ci avec dérision que la
tranquillité est un leurre mais que
la folie est une menace permanente. On apprendra
à se méfier des gens que l’on
connaît pourtant par cœur, parce
qu’on ne les connaît pas finalement.
Et c’est sans doute le plus troublant…
La violence n’est pas forcément
aussi présente que le titre voudrait
le laisser croire… Une violence universelle,
dans laquelle tous les personnages tombent
les uns à la suite des autres, de
manière différente (verbale,
physique, sexuelle)…
Quant à Viggo Mortensen (l’acteur
principal), il est tout simplement génialissime
(et lui, il mériterait vraiment le
prix d’interprétation contrairement
à d’autres…) ! Il joue
avec intensité et finesse l’ambivalence
de son personnage… Sa transformation
physique (sans artifice, ne vous méprenez
pas.. ), son regard, ses expressions, m’ont
laissée assise sur mon siège
alors que la projection était terminée
(heureusement, un agent de sécurité
m’a fait sortir…). Maria Bello
(elle aussi issue de la série télévisée
Urgences… c’est la
mode !) se révèle également
brillante et très juste… Le
seul petit détail qui m’a laissée
un peu perplexe est le jeu du jeune acteur
Ashton Holmes (mais c’est son premier
rôle, alors on l’excuse…)
qui, malgré des répliques
aussi corrosives que drôles, n’est
pas toujours très juste, et le montage
qui m’a parfois laissée perplexe
par sa « brutalité ».
Ed Harris et surtout William Hurt (dans
des rôles secondaires) sont excellents…
Vous l’aurez donc compris, c’est
excellent ! Ne serait-ce que pour une scène…
C’est aussi ça, l’instant
de grâce au cinéma... juste
une scène qui restera graver longtemps
dans votre mémoire…
A moins que je ne réussisse à
soudoyer le jury, je ne pense malheureusement
pas que A History of violence obtiendra
la Palme d’or, mais je m’engage
une fois de plus, à faire un scandale
s’il ne repart pas avec un prix (au
moins la mise en scène ou l’interprétation…).
Julie Chamard
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