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Vous allez pensé que je le
fais exprès, mais également
fan du réalisateur canadien, Atom
Egoyan, c’est avec empressement et
joie que je me suis précipitée
à la projection de Where the
truth lies… Après Calendar,
De beaux lendemains, Exotica,
Stupids, Le voyage de Felicia
et Ararat, j’étais
déjà étonnée
du casting : Kevin Bacon, Colin Firth et
Rachel Blanchard (elle aussi issue d’une
série télévisée),
loin d’être de mauvais acteurs,
ne me semblaient pourtant pas faire partie
de l’univers d’Atom Egoyan :
les jeunes filles loin d’être
si innocentes, les relations sexuelles perturbées
mais déterminantes dans la vie des
hommes, la mort planante et souvent injuste,
les faux-semblants… Ici, le cinéaste
nous relate l’histoire de deux immenses
vedettes de l’humour et de la télévision
des années 50 qui voient leur succès
brutalement interrompu le jour où
l’on trouve une jeune femme assassinée
dans leur baignoire. Quinze ans après
les faits non élucidés, une
jeune journaliste veut connaître la
vérité et reprend l’enquête…
Malheureusement, plus l’enquête
avance, moins elle nous semble digne d’intérêt…
Le thème si cher au réalisateur
de la perte de l’innocence est encore
une fois abordé, mais avec moins
de finesse et bien plus explicitement qu’auparavant.
On peut reprocher à Egoyan d’avoir
fait un film davantage grand public…
Ce qui n’est pas mauvais en soi, mais
qui forcément peut décevoir
les fans de ses films «dérangés»
et complexes… On sent un peu une influence
de certains films de David Lynch, (un petit
côté Blue Velvet,
mais en beaucoup moins bien !!) mais l’ouverture
sur un monde onirique et vertigineux chez
Lynch n’est pas aussi travaillé
chez Egoyan… Finalement, Kevin Bacon
est la grande surprise du film, vraiment
très bon… Alison Lohman est
un peu moins convaincante et autre petit
bémol : la musique assez pesante
!!
Where the truth lies donne une
impression d’exercice de style…
Et pourtant, Egoyan nous avait prouvé
qu’il avait du génie et du
savoir-faire, il n’avait pas forcément
besoin de cet exercice… Un film agréable,
mais qui ne repartira sans doute pas avec
la palme et qui reste un peu décevant
pour les habitués des films du réalisateur
canadien…
Pour les rumeurs, Last days et
Broken Flowers sont toujours en
tête… (mais personne n’a
vu Broken Flowers pour
le moment !!!) Sin city (qui sera
projeté mercredi) est en troisième
position…
Julie Chamard
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