| Le
second film de Patrick Bouchitey était
très attendu… Il nous avait secoués
avec Lune Froide : un film aussi
malsain qu’étrange et envoûtant,
qui racontait l’errance de deux êtres
perdus (Bouchitey et Stevenin) qui tombaient
amoureux d’une femme morte. Poétique,
fantastique et lyrique, entre la farce et
le malaise, ce film peu évident au
départ, tenait quasiment du miracle…
Après ce premier essai plus que convaincant,
on attendait avec impatience que Patrick Bouchitey
vienne à nouveau secouer le public
français… Il aura fallu quatorze
ans pour que l’acteur-réalisateur
revienne dans un registre plus classique,
celui du thriller psychologique: Serge Pommier
(Bouchitey) est un critique littéraire,
à l’existence banale. Pour vivre,
il enseigne la littérature à
l’université. Lorsque l’une
de ses étudiantes, Jeanne (Laetitia
Chardonnet), lui soumet un manuscrit remarquable,
sa vie bascule… Ce texte, c’est
lui qui aurait dû l’écrire,
il aurait pu. Ce roman est celui de la reconnaissance
tant désirée depuis de nombreuses
années… Alors Serge décide
de kidnapper Jeanne et de lui voler son texte.
Entre les non-dits, les confidences, l'envie
d'aimer et la soif de vengeance, chacun devient
le prisonnier de l'autre...
S’il faut reconnaître que la
mise en scène est très soignée
et le jeu des acteurs assez remarquable,
le scénario, lui, manque sincèrement
d’originalité… Bons nombres
de séries, téléfilms,
livres et même longs-métrages
avaient déjà exploré
ce même scénario. Et même
si Bouchitey réussit à nous
plonger dans une atmosphère inquiétante
et étouffante, on regrette vraiment
le manque de fantaisie et de folie qu’il
y avait eu dans Lune froide…
Les rebondissements sont assez prévisibles,
et la relation bourreau-victime, créateur-muse,
où le grand manipulateur n’est
pas forcément celui que l’on
croit, assez évidente voire même
un peu trop facile… Comme pour Lune
Froide, Patrick Bouchitey s’ést
entouré de Jackie Berroyer et de
Gilles Laurent (collaborateur de Dupontel
pour le film Bernie ), mais l’impertinence
et la folie du premier scénario,
n’y sont plus… Quatorze ans,
c’est long, et on sent bien que ces
auteurs ont un peu « vieilli »
malheureusement…
Julie Chamard
|