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Il y a trois ans, Cédric Klapisch
avait créé la surprise avec
L'auberge espagnole (trois millions
d'entrées en France, et un film exporté
aux quatre coins du monde), une petite comédie
touchante sur les affres d'un étudiant
parti à l'étranger poursuivre
ses études... De là à
en faire une suite... On retrouve donc Xavier
(Romain Duris) cinq ans après, entouré
de son ex-copine, Martine (Audrey Tautou),
de sa copine lesbienne, Isabelle, (Cécile
de France) et de l'anglaise Wendy (Kelly
Reilly). Ses ambitions d'écrivain
ont été émoussées
par la dure réalité de la
vie, et Xavier travaille pour la télévision,
en écrivant des scénarios
à l’eau de rose pour des téléfilms
bas de gamme… Côté cœur,
ce n'est pas mieux, Xavier vogue de femme
en femme, persuadé qu'il finira par
rencontrer la femme de sa vie...
Vous aviez adoré L'auberge espagnole,
vous adorerez peut-être cette "suite"
puisqu'il s'agit approximativement du même
film... Le montage, la mise en scène,
les effets de style sont en tout point pareils,
l'effet de surprise en moins évidemment...
Pas d'histoire à proprement parler,
et donc un scénario qui ne repose
sur pas grand chose, ( si ce n'est un mariage
en Russie...) ce qui mène donc le
film, sans aucun fil conducteur, à
nous montrer les allées et venues
de Xavier, dont on finit par se lasser...
Les spectateurs trentenaires risquent fort
de s'ennuyer un peu devant cette comédie
"gentillette", qui peut en revanche
convaincre et amuser les adolescents...
Les années passent et se ressemblent
un peu trop, et si l'on retrouve à
nouveau cette bande de copains d'ici cinq
ans, il est fort probable que rien n'ait
encore vraiment changé...
Si vous n'aviez pas aimé L'auberge
espagnole, il semble évident
que vous n'aimerez pas non plus, Les
Poupées Russes... Et si vous
n'aviez pas vu L'auberge espagnole,
vous pourrez apprécier alors cette
suite (pas d'inquiétude, vous comprendrez
aisément l'enjeu du film sans avoir
vu le premier volet...), être amusé
par les effets de style (sauf si vous venez
de revoir Trainspotting de Danny
Boyle...), la narration embrouillée
et très tendance de Xavier, ses rêves,
ses espoirs, cette "belle" métaphore
sur les femmes (qui sont comme: "des
poupées russes, elles s'emboîtent
les unes dans les autres, et celle que l'on
cherche, c'est la plus petite, celle qui
est cachée et que l'on ne trouve
qu'à la fin"...) etc.
Klapisch a voulu s'inspirer de Truffaut
(son "maître") et de son
personnage d'Antoine Doinel, joué
par son acteur fétiche Jean-Pierre
Léaud... Klapisch et Duris en sont
à leur cinquième collaboration,
mais n'est pas Truffaut qui veut, et la
barre est tout de même placée
très haute !
Si Cécile de France était
la révélation de L'auberge
espagnole, la surprise de ce film,
est ,sans aucun doute, l'actrice Kelly Reilly,
l'anglaise qui passait presque inaperçue
dans le premier volet, qui illumine et irradie
totalement dans Les Poupées Russes,
volant la vedette à une Audrey Tautou,
nettement moins magnifiée que sous
l’œil de la caméra de
Jeunet...
Une petite comédie sympathique qui
ne restera sûrement pas gravée
dans les annales, et qui cette fois-ci,
ne "mérite" vraiment pas
de suite ! (même si la trilogie est
à la mode... il faut s'avoir s'arrêter
à temps, sous peine de prendre le
spectateur pour un imbécile...)
Julie Chamard
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