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Will (Clive Owen) a quitté
Londres et son passé dans le milieu
du crime, pour échapper à
la violence et à la dépravation.
Il tente de retrouver une paix intérieure
en vivant en solitaire dans les forêts
du pays de Galles. Il a laissé derrière
lui une maîtresse (Charlotte Rampling)
et un jeune frère, Davey (Jonathan
Rhys-Meyers) qui semble vouloir suivre ses
traces en vendant de la drogue à
de riches Londoniennes... Lorsque Will n'arrive
plus à joindre son frère,
il se met en route pour Londres, et découvre
à son arrivée, que Davey vient
de se suicider...
Mike Hodges avait surpris le public et la
critique avec Le croupier en 2000,
mais c'est pourtant avec beaucoup de mal,
qu'il a trouvé un distributeur pour
I'll sleep when I'm dead (dont la sortie
"estivale" laisse malheureusement
présager d'une volonté de
faire passer ce film "à la trappe"...)
Il est vrai que le sujet sombre et l'atmosphère
du film, dénote avec la programmation
des blockbusters américains de l'été
et des petites comédies légères
que l'on peut voir actuellement en salle...
Et pourtant, il pourrait bien être
"la bonne surprise" de cet été...
Loin de reposer sur un scénario vraiment
original ou sur une intrigue au suspense
déroutant, I'll sleep when I'm
dead est un film de personnages, offrant
des performances d'acteurs incroyables:
Clive Owen (vu dans Closer et sin
city ) est d'une précision déroutante.
Il est aussi froid que le veut son personnage
et aussi désarmant que la situation
s'y prête... Il retient ses émotions
et traverse le film, impassible, projetant
toute la violence de son personnage en une
fraction de seconde... Tout comme les autres
personnages du film, des personnages "fantômes"
pourrait-on dire, qui trouvent leur force
et leur contenance dans la mise en scène
de Mike Hodges, techniquement sans reproches
et aussi gracieuse que subtile (Le réalisateur
utilise encore la bonne vieille méthode
du montage "en découpant les
bobines", et l'on sent très
agréablement la différence
avec le montage par informatique...).
Jonathan Rhys-Meyers (bientôt à
l'affiche de Match point de Woody
Allen) révèle un charisme
et une élégance flegmatique
digne d'un Anglais pure souche (mais il
est Irlandais...). Séduisant et impénétrable,
il a déjà la classe des plus
grands et aimante la caméra durant
toute la première partie du film.
Si l'on s'attend à un thriller (comme
c'est malheureusement annoncé dans
les médias...), on risque effectivement
d'être déçu et d'avoir
l'impression d'assister à un "non-film"...
Car ce film n'est en aucun cas un thriller
(puisque le film ne repose absolument pas
sur un quelconque suspense: Will cherche
à savoir pourquoi son frère
s'est suicidé, mais cette réponse
n'est pas "l'essentiel" du film...)
mais d'une certaine façon, un film
de samouraï (comme l'explique Mike
Hodges, "un samouraï reste toujours
un samouraï"). un film sur l'humanité
et sur la problématique du passé
auquel on n'échappe pas et qui finit
toujours par nous rattraper...
Julie Chamard
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