I'll sleep when i'm dead I'll sleep when I'm dead
Film réalisé par Mike Hodges
Avec Clive Owen, Jonathan Rhys-Meyers, Charlotte Rampling, Malcom MacDowell
Sortie le 06/07/05

Will (Clive Owen) a quitté Londres et son passé dans le milieu du crime, pour échapper à la violence et à la dépravation. Il tente de retrouver une paix intérieure en vivant en solitaire dans les forêts du pays de Galles. Il a laissé derrière lui une maîtresse (Charlotte Rampling) et un jeune frère, Davey (Jonathan Rhys-Meyers) qui semble vouloir suivre ses traces en vendant de la drogue à de riches Londoniennes... Lorsque Will n'arrive plus à joindre son frère, il se met en route pour Londres, et découvre à son arrivée, que Davey vient de se suicider...

Mike Hodges avait surpris le public et la critique avec Le croupier en 2000, mais c'est pourtant avec beaucoup de mal, qu'il a trouvé un distributeur pour I'll sleep when I'm dead (dont la sortie "estivale" laisse malheureusement présager d'une volonté de faire passer ce film "à la trappe"...)

Il est vrai que le sujet sombre et l'atmosphère du film, dénote avec la programmation des blockbusters américains de l'été et des petites comédies légères que l'on peut voir actuellement en salle... Et pourtant, il pourrait bien être "la bonne surprise" de cet été... Loin de reposer sur un scénario vraiment original ou sur une intrigue au suspense déroutant, I'll sleep when I'm dead est un film de personnages, offrant des performances d'acteurs incroyables: Clive Owen (vu dans Closer et sin city ) est d'une précision déroutante. Il est aussi froid que le veut son personnage et aussi désarmant que la situation s'y prête... Il retient ses émotions et traverse le film, impassible, projetant toute la violence de son personnage en une fraction de seconde... Tout comme les autres personnages du film, des personnages "fantômes" pourrait-on dire, qui trouvent leur force et leur contenance dans la mise en scène de Mike Hodges, techniquement sans reproches et aussi gracieuse que subtile (Le réalisateur utilise encore la bonne vieille méthode du montage "en découpant les bobines", et l'on sent très agréablement la différence avec le montage par informatique...).

Jonathan Rhys-Meyers (bientôt à l'affiche de Match point de Woody Allen) révèle un charisme et une élégance flegmatique digne d'un Anglais pure souche (mais il est Irlandais...). Séduisant et impénétrable, il a déjà la classe des plus grands et aimante la caméra durant toute la première partie du film.

Si l'on s'attend à un thriller (comme c'est malheureusement annoncé dans les médias...), on risque effectivement d'être déçu et d'avoir l'impression d'assister à un "non-film"... Car ce film n'est en aucun cas un thriller (puisque le film ne repose absolument pas sur un quelconque suspense: Will cherche à savoir pourquoi son frère s'est suicidé, mais cette réponse n'est pas "l'essentiel" du film...) mais d'une certaine façon, un film de samouraï (comme l'explique Mike Hodges, "un samouraï reste toujours un samouraï"). un film sur l'humanité et sur la problématique du passé auquel on n'échappe pas et qui finit toujours par nous rattraper...

Julie Chamard

>> Retrouvez toutes les actus de la semaine
 A lire sur ZeStory
   
 Et aussi...
Site Internet du film (en anglais)
   
Qui sommes-nous ? | Rubrique légale | Contact | Timée recrute | Plan du site
© ZeStory 2004 | Hébergement Réseau Concept