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Sur une route du sud-ouest
américain. A bord de leur Chevi 55,
deux jeunes hommes participent à
une de ces courses de vitesse illégales
qui ont fait fureur dans les années
60. A peine ont-ils eu le temps de se lancer
dans leur rodéo que la police surgit.
C’est le début d’une
(nouvelle) fuite en avant, qui sera le thème
central de Macadam à deux voies.
Interprétés par James Taylor
et Denis Wilson, le film ne nous apprendra
rien du passé des héros (pas
même leur nom, seulement présentés
comme "le conducteur" et le "mécanicien"),
pas plus qu’il nous donnera d’information
sur leur avenir. En effet, le film débute
à un moment de leur vie "pris"
au hasard et nous embarque pendant quelques
jours dans leur univers. Il nous déposera
à la fin au bord de la route pour
regarder les deux hommes s’éloigner
vers d’autres aventures. Il n’y
a plus qu’à se laisser entraîner
par le bruit du moteur…
A travers les grands espaces américains,
ils feront des rencontres plus ou moins
insolites : une adolescente errante et paumée
en mal d’amour (Laurie Bird) ; un
quinquagénaire raté (femme
quittée, sans emploi), qui trouve
dans sa reluisante GTO tout ce qui lui reste
comme dignité en passant son temps
à ramasser des auto-stoppeurs pour
leur raconter des vies qu’il s’invente
(Warren Oates). Le défi qu’il
lancera aux héros (rejoindre la ville
de Washington en moins temps possible) sera
d’ailleurs le seul véritable
objectif de leur odyssée.
Monte Hellmann réalise ici l’un
des premiers road-movie du cinéma
américain, qui n’est pas sans
rappeler Zabriskie Point d’Antonioni
ou Easy Rider de Denis Hopper.
Ressorti trente ans après sa première
exploitation en salles à l’occasion
du dernier Festival de Cannes, Macadam
à deux voies raconte, sur de
nombreux airs country et folk (James Taylor
est également chanteur, Denis Wilson
batteur des Beach Boys), l’insouciance
d’une jeunesse sans repères,
sans ambition dans un pays qui n’a
rien à lui offrir. Il nous parle
aussi de liberté, symbolisée
par les grands espaces, le mythe de l’automobile,
les pertes de repères temporels et
géographiques, et l’absence
de toute forme de contrainte chez les personnages.
Voici un film frais, qui n’a pas pris
une ride, et un beau moment d’évasion…
Sacha Viel
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