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Deux amis d'enfance palestiniens,
Khaled et Saïd, sont désignés
pour commettre un attentat suicide à
Tel Aviv. Engagés volontaires depuis
plusieurs années dans une faction,
ils sont liés par un contrat moral
qu'ils ne peuvent ou ne veulent pas rompre.
Ils passent une dernière soirée
avec leurs familles sans pouvoir leur dire
adieu. Le lendemain, munis de leurs ceintures
d'explosifs, ils sont conduits à
la frontière.
Mais l'opération ne se déroule
pas comme prévu...
Plus que jamais d'actualité, Paradise
now, aborde le sujet des attentats
suicides, à travers le regard des
kamikazes, sur un ton sobre et très
nuancé...
Pour le réalisateur, Hany Abu-assad,
l'idée de départ, vient de
la volonté de raconter l'histoire
de ces gens dont on ne parle pratiquement
jamais, sauf de manière anonyme dans
la presse. Il condamne évidemment
l'attentat suicide, en se penchant sur la
question du processus qui conduit ces hommes
à commettre de tels actes. Le cinéaste
explique en effet, qu'il était intéressant
de montrer pour une fois, l'autre côté
de cette barbarie, de savoir et peut-être
de comprendre, comment ces kamikazes se
justifient, non seulement par rapport à
leur famille, mais aussi par rapport à
leur propre conscience...
Le spectateur est donc amené à
voir, non à juger, et à comprendre
les motivations de ces kamikazes comme celles
des pacifistes. A admirer facilement bien
sûr, celles des seconds et à
déplorer celles des premiers. Il
est naturellement intolérable lorsque
l'on a souffert, de choisir de faire souffrir
en retour. Pour autant, ici, on ne déteste
pas les kamikazes : on souffre de les voir
se perdre... Il n'y a pourtant aucun parti
pris de la part du réalisateur, juste
la "vision" pudique et subtile
des faits, par un homme plus que concerné...
En compétition au festival du film
de Berlin, le film a évidemment provoqué
des controverses: En cause, la glorification
supposée des terroristes... A la
conférence de presse organisée
lors du festival, les producteurs ont contredit
les critiques qui affirmaient que le film
prenait position en faveur d'Israël
ou Palestine... Le réalisateur espère
lui que le film donnera de l'espoir aux
deux camps... Et le film est reparti avec
plusieurs prix (Prix du public, Prix du
meilleur film européen, Prix Amnesty
International). On en apprend beaucoup sur
la Palestine d'aujourd'hui, et sur la nature
du conflit... Même si la fin laisse
un goût très amer et peu d'espoir
quant à un avenir meilleur, il est
semble aujourd'hui important d'aller voir
Paradise now...
A signaler également la sortie de
l'excellent Broken Flowers de Jim
Jarmush (Lire
la critique)
Julie Chamard
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