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Maurice (Charles Berling),
travaille à la préfecture
de police, service des étrangers.
C’est un célibataire qui adore
la musique espagnole, et c’est au
cabaret hispano "Les Trottoirs"
qu’il passe tout son temps libre.
C’est pourquoi le Commissaire Lancret
(Michel Serrault) lui demande de l’aider
dans son enquête sur des meurtres
commis par des trafiquants de cartes de
séjour. Au cours de cette enquête
mouvementée, l’amitié
entre Lancret et Maurice se développe
jusqu’à la découverte
du chef de l’organisation que les
deux hommes seront incapables d’arrêter…
Grabuge ! ne ressemble à rien
de connu, si ce n'est à un film de
Jean-Pierre Mocky... Le cinéaste
le plus controversé de sa décennie
est en effet de retour ! Toujours aussi
fou, grincheux et politiquement incorrect,
le réalisateur n'hésite pas
une fois de plus à tordre le cou
aux conventions, à tourner en dérision
les valeurs sacro-saintes de notre société
et s’amuser des institutions inattaquables!
Toujours aussi licencieux, inquiétant
et satirique, le cinéma de Mocky
irrite autant qu'il fait du bien !
L’intérêt du film "tourné
dans l’urgence", avec beaucoup
de seconds rôles amateurs, des plans
à l’arrache dans la rue et
un budget ultra serré, ne réside
pas dans sa forme limite ni dans un propos
outrancier, mais dans certains petits détails
sympathiques, comme cette opiniâtreté
attachante à vouloir tourner quoi
qu’il en coûte ! Telle une équation,
la présence des (bons) acteurs compense
les faiblesses du récit sans pour
autant parvenir à les annihiler :
Charles Berling s’amuse plutôt
bien en incarnant un frustré sexuel
et Michel Serrault en fait des tonnes (toujours
pour le meilleur). La fidélité
de Serrault à Mocky est à
ce titre admirable... N'oublions pas que
malgré tout, et malgré les
échecs commerciaux successifs, Mocky
a tourné avec des "stars"(Deneuve,
Bourvil, Bacri, Kristin Scott-Thomas...)
et attire encore des noms prestigieux (le
réalisateur est en pour-parler avec
John Malkovitch...) et cela, semble t-il,
parce que Mocky serait l'un des derniers
réalisateurs français à
offrir une liberté (et des rôles
à contre-emploi !) à ses acteurs...
On est malheureusement un peu loin des "vrais"
bons films que Mocky avait réalisé
dans les années 80 (A mort l'arbitre,
les saisons du plaisir ou Agent
trouble ...), mais en ces temps d’uniformisation
et de calibrage éhontés, il
est difficile de trouver un film plus "à
part ". C'est évidemment réservés
aux fans (ou aux petits curieux désœuvrés)...
Julie Chamard
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