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Christine Jesperson (Miranda July),
est une artiste, qui travaille comme chauffeur
pour personnes âgées pour gagner
sa vie... Christine mélange inlassablement,
dans son art et son quotidien, réalité
et fantaisie.
Richard Swersey (John Hawkes), vendeur de
chaussures, fraîchement célibataire
et père de deux garçons, attend
et espère qu'il se passe quelque
chose d'étonnant dans sa vie. Pourtant
lorsqu'il rencontre la très spontanée
Christine, il est pris de panique...
Premier film de la réalisatrice,
scénariste et actrice Miranda July,
Moi, toi et tous les autres avait
marqué les esprits lors du dernier
festival de Cannes (Caméra d'or,
prix de la semaine de la critique) et du
festival de Sundance 2005 où le film
a été récompensé
par le prestigieux International Filmmaker's
Award. Véritable souffle de
modestie et de fraîcheur sur le cinéma
indépendant américain, Miranda
July ne propose rien d'autre que le droit
à l'innocence et à la fantaisie
dans un monde qui se déshumanise
petit à petit...
Loin des stéréotypes français
du trentenaire en mal d'amour mais poursuivi
par sa peur de l'engagement, la réalisatrice
dresse de très beaux portraits de
personnages en mal de communication (alors
même que les moyens mis en place pour
relier les êtres sont impressionnants...)
De prime abord, cela peut sembler facile
et déjà vu (Denise au
téléphone, par exemple).
Mais Miranda July a réussi à
châtier tous les débordements
lacrymaux, les raccourcis psy et les autres
facilités tannantes pour appuyer
une empathie discrète et imposer
un ton vraiment original et frais. Son sens
du détail et de l'observation constituent
ses atouts les plus sûrs... En filmant
les faits et gestes de ses personnages,
leurs maladresses et leurs regards en proie
à une confusion de sentiments, elle
en dit plus long que des montagnes de bavardages
explicatifs qui nous auraient rapidement
fatigués...
On l'a déjà comparé
à Todd Solondtz, (Bienvenue dans
l'âge ingrat, Storytelling,
Hapiness...) qui dirige
lui aussi sa caméra vers la classe
moyenne des pavillons de banlieue, et plus
particulièrement vers les adolescents,
les vrais aussi bien que les adultes qui
le sont restés dans leur tête...
Mais Miranda July, elle, tourne avec un
parti-pris résolument optimiste,
et pour une fois, ça fait du bien
! Evidemment, la cinéaste met le
doigt sur un besoin très universel
: la difficulté de trouver l'amour
et d'aimer, mais elle met encore beaucoup
d'espoir et de foi en l'humanité...
Un film drôle, triste, émouvant,
surprenant, confus, à l'image des
personnages qui l'habitent, et une seule
morale finalement: même si l'envie
de brûler les étapes est tentante,
il faut toujours attendre son heure...
Julie Chamard
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