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Autrefois héros
de nombreux westerns, Howard Spence (Sam
Shepard) ne décroche plus que des
rôles secondaires dans des films de
série B. Il mène une existence
solitaire et noie son dégoût
de lui-même dans l'alcool, la drogue
et les femmes. Jusqu'à ce que sa
mère (Eva Marie Saint) lui apprenne
qu'il a peut-être un enfant quelque
part...
Cette idée allume une lueur d'espoir
chez Howard : sa vie n'a peut-être
pas été aussi vide qu'il le
pense...
En revenant sur les traces du passé,
à la recherche de cet enfant, il
retrouve Doreen (Jessica Lange), qu'il a
aimée autrefois, et son fils Earl,
un jeune chanteur qui n'a plus besoin de
père...
Don't come knocking porte la marque
de son scénariste et acteur Sam Shepard,
autant que celle du réalisateur,
encore et toujours fasciné par le
mythe de l'Ouest américain... Il
y a evidemment des points communs avec leur
coopération dans Paris, Texas,
il y a vingt ans : les deux films parlent
de la désintégration des structures
familiales et de tentatives de rafistolage,
le son des guitares est au rendez-vous et
les décors de western aussi. Mais
la comparaison s'arrête là.
Des deux films, Don't come knocking
est de loin le plus drôle, le moins
pathétique et le plus léger
(et même de l'ensemble de l'oeuvre
de Wenders...). Peut-être un peu moins
émotionnel, mais beaucoup plus authentique.
Un peu comme le Broken flowers
de Jarmush, le réalistateur, d'un
certain âge maintenant, dresse le
bilan de sa propre carrière, via
son protagoniste, avec autodérision
et un sens profond de ses faiblesses et
de ses points forts.
Les retrouvailles du réalisateur
avec Sam Shepard, vingt ans après,
et la présence de Jessica Lange (l'épouse
de Sam Shepard à la ville) ne sont
evidemment pas des choix innocents. Même
si Don't come knocking est evidemment
déstiné au public, il dégage
ouvertement, l'envie de faire un film intimiste,
au sens propre du terme. Une volonté
certaine du réalisateur d'exorciser
ses propres démons, et de se retrouver
en "famille" avec les gens qui
le connaissent. C'est peut-être le
film de la maturité pour Wenders,
autant que pour Shepard (le film a tout
de même été peaufiné
pendant trois ans...). Un retour en grâce
pour les deux hommes, avec toujours autant
de liberté et de hauteur de vue.
Un film qui transpose admirablement leur
amour du cinéma et des êtres.
C'est un vrai road-movie, à la limite
de la rêverie, marqué d'un
bout à l'autre par une image cinématographique
d'une rare beauté. Un véritable
apaisement pour l'âme et pour les
yeux... avec cependant le regret de se sentir
parfois exclu de ce monde, qui ne semble
appartenir qu'a eux...
Julie Chamard
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