Don't come knocking
Film réalisé par Wim Wenders
Avec Sam Shepard, Jessica Lange, Tim Roth, Eva Marie Saint
Sortie le12/10/10

Autrefois héros de nombreux westerns, Howard Spence (Sam Shepard) ne décroche plus que des rôles secondaires dans des films de série B. Il mène une existence solitaire et noie son dégoût de lui-même dans l'alcool, la drogue et les femmes. Jusqu'à ce que sa mère (Eva Marie Saint) lui apprenne qu'il a peut-être un enfant quelque part...
Cette idée allume une lueur d'espoir chez Howard : sa vie n'a peut-être pas été aussi vide qu'il le pense...
En revenant sur les traces du passé, à la recherche de cet enfant, il retrouve Doreen (Jessica Lange), qu'il a aimée autrefois, et son fils Earl, un jeune chanteur qui n'a plus besoin de père...

Don't come knocking porte la marque de son scénariste et acteur Sam Shepard, autant que celle du réalisateur, encore et toujours fasciné par le mythe de l'Ouest américain... Il y a evidemment des points communs avec leur coopération dans Paris, Texas, il y a vingt ans : les deux films parlent de la désintégration des structures familiales et de tentatives de rafistolage, le son des guitares est au rendez-vous et les décors de western aussi. Mais la comparaison s'arrête là. Des deux films, Don't come knocking est de loin le plus drôle, le moins pathétique et le plus léger (et même de l'ensemble de l'oeuvre de Wenders...). Peut-être un peu moins émotionnel, mais beaucoup plus authentique. Un peu comme le Broken flowers de Jarmush, le réalistateur, d'un certain âge maintenant, dresse le bilan de sa propre carrière, via son protagoniste, avec autodérision et un sens profond de ses faiblesses et de ses points forts.

Les retrouvailles du réalisateur avec Sam Shepard, vingt ans après, et la présence de Jessica Lange (l'épouse de Sam Shepard à la ville) ne sont evidemment pas des choix innocents. Même si Don't come knocking est evidemment déstiné au public, il dégage ouvertement, l'envie de faire un film intimiste, au sens propre du terme. Une volonté certaine du réalisateur d'exorciser ses propres démons, et de se retrouver en "famille" avec les gens qui le connaissent. C'est peut-être le film de la maturité pour Wenders, autant que pour Shepard (le film a tout de même été peaufiné pendant trois ans...). Un retour en grâce pour les deux hommes, avec toujours autant de liberté et de hauteur de vue. Un film qui transpose admirablement leur amour du cinéma et des êtres.

C'est un vrai road-movie, à la limite de la rêverie, marqué d'un bout à l'autre par une image cinématographique d'une rare beauté. Un véritable apaisement pour l'âme et pour les yeux... avec cependant le regret de se sentir parfois exclu de ce monde, qui ne semble appartenir qu'a eux...

Julie Chamard

>> Retrouvez toutes les actus de la semaine
 A lire sur ZeStory
Wim Wenders, sans rancune...
Belle Histoire
   
 Et aussi...
Site Internet du film (en anglais)
   
Qui sommes-nous ? | Rubrique légale | Contact | Timée recrute | Plan du site
© ZeStory 2004 | Hébergement Réseau Concept