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Parti favori du dernier festival de Cannes,
A history of violence, n'avait
(étrangement) pas convaincu le jury
et Cronemberg et son équipe étaient
repartis sans prix...
Si on peut "reprocher" au cinéaste
de s'être un peu éloigné
de son "style" de prédilection
et de s'être éloigné
de la noirceur poético-fantastique
à laquelle il nous avait habitués,
il rejoint encore une fois le film de genre…mais
d'un autre genre !
Autre surprise, on rit beaucoup en voyant
le film, et pour un Cronenberg, c’est
rare… Bien sûr, on retrouve
les thèmes qui lui sont si chers
: l’identité, la sexualité
et la violence… Parce que le jour
où Tom Stall défend son petit
coffee shop d’une petite bourgade
typique des Etats-Unis, sa vie bascule et
celle de sa famille avec… Il n’est
pas bon d’en dire trop car il serait
dommage de dévoiler l’intrigue
du film. Adapté d’une BD éponyme,
le scénario nous réserve son
lot de surprises et de rebondissements…
Une rigueur absolue et élégante
dans la mise en scène. Le projet
de Cronenberg de démonter les clichés
du rêve américain (on s’en
rend très vite compte mais ce n’est
pas le propos) en utilisant lui-même
des clichés était assez périlleux.
Le cinéaste canadien s’en sort
brillamment et avec ironie. Il nous prouve
cette fois-ci avec dérision que la
tranquillité est un leurre mais que
la folie est une menace permanente. On apprendra
à se méfier des gens que l’on
connaît pourtant par cœur, parce
qu’on ne les connaît pas finalement.
Et c’est sans doute le plus troublant…
La violence n’est pas forcément
aussi présente que le titre voudrait
le laisser croire… Une violence universelle,
dans laquelle tous les personnages tombent
les uns à la suite des autres, de
manière différente (verbale,
physique, sexuelle)…
Quant à Viggo Mortensen (l’acteur
principal), il est tout simplement génialissime.
Il joue avec intensité et finesse
l’ambivalence de son personnage…
Sa transformation physique (sans artifice,
ne vous méprenez pas.. ), son regard,
ses expressions,est plus que bluffante...
Maria Bello se révèle également
brillante et très juste… Le
seul petit bémol: le jeu du jeune
acteur Ashton Holmes (mais c’est son
premier rôle, alors on l’excuse…)
qui, malgré des répliques
aussi corrosives que drôles, n’est
pas toujours très juste, et un montage
qui peut parfois laisser perplexe par sa
« brutalité ». Ed Harris
et surtout William Hurt (dans des rôles
secondaires) sont excellents… Vous
l’aurez donc compris, c’est
excellent ! Ne serait-ce que pour une scène…
C’est aussi ça, l’instant
de grâce au cinéma... juste
une scène qui restera graver longtemps
dans votre mémoire…
Julie Chamard
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