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Mary, s'inspire
de la célèbre Marie-Madeleine,
disciple de Jésus, et prostituée
repentie... Le récit évoque
trois personnages, marqués à
leur façon par cette mystérieuse
femme. Marie Palesi (Juliette Binoche) est
actrice, et reste illuminée par ce
rôle après l'avoir interprété;
Tony Childress (Matthew Modine), est réalisateur,
mais il joue Jésus Christ dans son
propre film; Theodore Younger (Forest Whitaker),
célèbre journaliste, anime
quant à lui, une émission
sur la foi...
Entre fascination et quête spirituelle,
le destin va ainsi les réunir...
Radicalement différent de ses précédents
films, Abel Ferrara se retrouve là
où on ne l'attendait pas... Qu’est-ce
que la foi ? Comment l’exprimer ?
Une telle démarche spirituelle a-t-elle
encore sa place dans notre monde actuel
? Voici quelques unes des questions brassées
par Mary, auxquelles le cinéaste
tente d'apporter quelques réponses.
On est donc très loin de l'univers
habituel de Ferrara entre drogue, dealers
ou héros déchus, baignant
dans une mare de sang... Mais simplement
confronté à trois personnages
contemporains aux prises avec les contradictions
du monde et de leurs vies, et qui tentent
d’y trouver une réponse par
la foi...
A New-York, Theodore et Tony vont devoir
faire face à un événement
remettant profondément en cause leur
conduite... Marie, elle, a tout abandonné
pour se rendre à Jérusalem,
et se consacrer à sa foi...
Les thèmes de prédilection
du cinéaste (la quête de rédemption,
la face cachée du monde du cinéma)
sont bien présents, mais ils ne servent
que d’introduction à ce qui
apparaît clairement comme la représentation
à l’écran de la propre
quête spirituelle de Ferrara. Ce dernier
prête ainsi nombre de ses traits de
caractère aux deux personnages masculins
– Tony est un réalisateur provocateur,
et le chemin menant Theodore du scepticisme
à la foi, fait écho à
celui de Ferrara, dont les longs-métrages
sont de plus en plus apaisés au fil
des ans... Ferrara est en effet assagi,
sûrement illuminé , livrant
une œuvre aussi touchante que sincère,
malgré quelques exagérations
esthétiques, et la tentative de faire
passer un message sur l'état du monde,
un peu naïf... Mais si le projet pouvait
paraître périlleux au départ,
et semble avoir lui aussi été
touché par la grâce au final,
c'est sans doute également du à
la prestation de Juliette Binoche, d'une
pureté étonnante et déconcertante...
La sérénité qu'elle
transmet par ce rôle, semble signifier
bien davantage pour elle, qu'un simple rôle
à interpréter...
C'est finalement un film un peu étrange
que nous livre Ferrara, qui ne répond
pas forcément aux questions posées
et qui aborde tellement de thèmes,
que le résultat aurait pu être
aussi confus qu'ennuyeux, mais il n'en est
rien... Et si on ne sait pas forcément
pourquoi, on en ressort apaisé et
serein, c'est certainement que le film bénéficie
d'une aura un peu mystique ...
Julie Chamard
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