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Dans les années
50, Edward R. Murrow, le présentateur
du journal télévisé
de CBS, et le producteur Fred Friendly contribuent
à la chute du sénateur Joseph
McCarthy, à l'origine de la tristement
célèbre chasse aux sorcières...
Ne nous y trompons pas, Good night and
Good luck est un film engagé.
C’est avec subtilité et sobriété
qu’il s’attaque à la
passivité des médias américains,
à la démission du quatrième
pouvoir face aux politiques dénoncée
à demi-mot par les penseurs d’Hollywood
mais trop rarement affrontée. George
Clooney franchit le pas, bien loin des attitudes
passionnelles et explosives d’un JFK
d’Oliver Stone, et réussit
à donner un sens à son film.
Le réalisateur transcende son sujet,
qui va bien au delà de l’acte
purement biographique sur Edward R. Murrow.
Après Confessions d'un homme
dangereux, George Clooney prouve qu'il
faudra désormais compter avec lui
à Hollywood en tant que cinéaste
de talent. Le choix de ne pas utiliser la
couleur s’explique par l’incrustation
de vraies images du sénateur Mccarthy,
mais cette technique, au lieu d’être
subite, est renversée pas George
Clooney à l’avantage du sujet:
l’apanage du réalisateur intelligent.
Ainsi le film justifie son noir et blanc
comme facteur d’immersion dans les
années 50 (le grain et la photo sont
très fidèles aux productions
de la décade) et par la même
nous fait implicitement comprendre que le
temps où des journalistes comme Edward
R.Murrow s’engageaient publiquement
est révolu. Suivant une idée
esthétique analogue, le travail remarquable
sur le son nous replonge dans le cinéma
classique, avec une authenticité
au rythme des grésillements de micro
et des voix tirées dans les basses.
Tout concorde donc à nous faire revivre
le combat de ces journalistes, à
nous y impliquer, comme pour mieux en tirer
les leçons et les réflexions
que le film induit sur nos médias
actuels. Plus qu’un témoignage,
c’est une véritable introspection
sur le passé que nous propose George
Clooney. Le film affiche une sobriété
qui détonne avec la gravité
de ses thèmes. Peu d’acteurs
mais tous excellents, quatre décors
totalement maîtrisés, aucun
extérieur, un format court ; l’oeuvre
donne la constante impression d’en
dire long sans jamais faire trop de bruit...
Un film qui ne cherche pas à scandaliser
mais juste à faire réfléchir.
Qui dénonce certes, mais seulement
après investigation.. On peut sincèrement
approuver l'initiative engagée de
George Clooney, qui traite son sujet avec
intelligence et beaucoup de talent ...
Julie Chamard
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