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A Montmartre, au détour
de la rue Poulbot, se trouve l’espace
Dali, un lieu intimiste pour (re)découvrir
l’œuvre et les multiples facettes
de l’artiste. Jusqu’en décembre
sont exposées deux sculptures étranges
intitulées Objet surréaliste
à fonctionnement symbolique
et Buste de Femme rétrospectif.
Les titres sont à l’image des
"œuvres", barbares, mais
ont l’avantage de nous interpeller.
Art ou supercherie ?
Ces sculptures, impossibles à décrire,
mais où il est question de soulier
et de buste de femme au couvre-chef curieux,
sont avant tout un assemblage arbitraire
d’éléments disparates.
En s’affranchissant des règles
traditionnelles de la sculpture, l’artiste
laisse libre court aux associations extravagantes
(expression de son inconscient ?) qui avaient
pour seul but, à l’origine,
de choquer le spectateur. Pari réussi
: lors de leurs premières expositions,
les deux objets suscitèrent une vive
émotion. Mais ils étaient
alors considérés par les artistes
eux-mêmes comme de purs exercices,
un simple jeu… Soixante-dix ans plus
tard, on ne sait qu’en penser, mais
une chose est sûre, ils sont devenus
une étrange illustration de l’esprit
surréaliste.
Pour nous remettre de nos émotions,
nous avons la possibilité de déambuler
dans les salles du musée et de découvrir
un Dali moins connu du grand public, illustrateur
et designer. Les planches illustratives
des chefs d’œuvre de la littérature
comme Don Quichotte, Alice
au Pays des Merveilles ou Tristan
et Yseult, ainsi que le célèbre
Mae West Lips Sofa (le fameux canapé
en forme de bouche) valent le détour.
Heureusement…
Audrey Deplatière
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