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Quand on évoque Puvis de
Chavannes, on pense à ses grandes
compositions à l’antique (fresques
de la Sorbonne, grands panneaux décoratifs
d’Amiens, …) et à son
classicisme esthétique qui l’ont
rendu célèbre. Sa conception
de la peinture qui doit tendre vers la Beauté
et l’Idée Pure lui ont valu
l’admiration de Mallarmé, Jarry,
Gauguin et Seurat. On s’imagine donc
un peintre talentueux, certes, mais un peu
ennuyeux tout de même…
C’est justement cette image poussiéreuse
que le musée de Picardie tente de
renouveler. Car, sous l’académisme,
la modernité surgit, mais par petites
touches. « Ce n’est pas une
innovation qui explose au visage, c’est
une espèce de révolution douce
», explique Mathieu Pinette, commissaire
de l’exposition et directeur des musées
d’Amiens. En effet, les tableaux de
Puvis de Chavannes, proches de la tradition,
révèlent des hardiesses de
coloris et de composition qui le rapprochent
parfois des impressionnistes (Le retour
de la chasse). Ce n’est quand
même pas pour rien que le peintre
était aussi apprécié
des Nabis…
Des sujets orientalistes (Le Jeune
noir à l’épée)
à l’inspiration romantique
(Mlle de Sombreuil buvant un
verre de sang pour sauver la vie de
son père) en passant par les
grands panneaux décoratifs (La
vie de Sainte-Geneviève (Panthéon,
Paris), Charles Martel, vainqueur des
Sarrasins (Hôtel de Ville de
Poitiers), les six compositions monumentales
qui ornent le Musée de Picardie),
l’exposition offre un vaste panorama
du travail de l’artiste avec pour
objectifs annoncés présenter
l’évolution de son inspiration
et confronter son œuvre à celle
d’autres artistes, maîtres,
contemporains et héritiers, afin
de le replacer à sa juste valeur
dans l’histoire de l’art.
Ce sont donc près de 300 œuvres
(peintures, dessins, sculptures) qui sont
exposées pour rendre hommage à
ce novateur discret.
Audrey Deplatiere
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