Camille Claudel Camille Claudel 1864-1943

Musée Marmottan Monet
2 rue Louis Boilly
75016 Paris
Tél : 01 44 96 50 33
Jusqu'au 31/01/06

Camille Claudel, beauté froide (immortalisée par Isabelle Adjani en 1988), talent magistral entravé par la société de l’époque, énigmatique Melle Say (Mademoiselle C.) dont les œuvres ne sont que le reflet d’une âme tourmentée… Ce sont 80 de ses œuvres, dessins comme sculptures (bronzes, plâtres, onyx), et parfois leurs différentes versions (La Petite Châtelaine, La Valse), la plupart issues de la collection de Reine-Marie Paris, petite-nièce de l’artiste, qui sont exposées actuellement au musée Marmottan.

Très tôt attirée par la sculpture, Camille Claudel s’avère aussi très vite douée. En 1881, elle entre à l’académie Colarossi à Paris. Son maître, Alfred Boucher, remarque immédiatement le talent et la farouche ténacité de la jeune fille. Il l’introduit dans les milieux artistiques. En 1883, le maître cesse d’enseigner pour partir à Florence. C’est tout naturellement qu’il demande à son ami Rodin de le remplacer auprès de ses élèves. Le sculpteur, déjà célèbre, est subjugué par la beauté, le volontarisme, et la sculpture de Camille. Pendant quinze ans, ils s’aiment et s’influencent mutuellement dans leur travail au point qu’on pense souvent que l'élève pastiche le maître. « Je ne tire jamais mes œuvres que de moi-même », se défend-elle. Son œuvre vient du plus profond de son être, de ses souffrances, des trahisons qu’elle a subies (L'Âge mûr). La volupté, les émotions de ses personnages sculptés sont saisissantes, parfois choquantes pour l’époque.

En 1898, comprenant que Rodin ne quittera jamais Rose Beuret, sa compagne de toujours, elle décide de prendre ses distances. Elle s’installe au 19 quai Bourbon. Elle trouve alors son inspiration dans le japonisme à la mode (Profonde Pensée) et sculpte de nouvelles matières comme l’onyx (La Vague). Certains critiques (Mirbeau, Morhardt, Vauxcelles) sont élogieux. Mais petit à petit, la folie l’emporte. Elle détruit ses œuvres, brûle ses cires. Sa mère est obligée de l’interner. Elle meurt à l’asile de Montdevergues en 1943, à 78 ans.

La rétrospective du musée Marmottan permet de découvrir l’œuvre sensuelle d’une artiste récemment réhabilitée.

Audrey Deplatière

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