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Camille Claudel, beauté
froide (immortalisée par Isabelle
Adjani en 1988), talent magistral entravé
par la société de l’époque,
énigmatique Melle Say (Mademoiselle
C.) dont les œuvres ne sont que le
reflet d’une âme tourmentée…
Ce sont 80 de ses œuvres, dessins comme
sculptures (bronzes, plâtres, onyx),
et parfois leurs différentes versions
(La Petite Châtelaine, La
Valse), la plupart issues de la collection
de Reine-Marie Paris, petite-nièce
de l’artiste, qui sont exposées
actuellement au musée Marmottan.
Très tôt attirée par
la sculpture, Camille Claudel s’avère
aussi très vite douée. En
1881, elle entre à l’académie
Colarossi à Paris. Son maître,
Alfred Boucher, remarque immédiatement
le talent et la farouche ténacité
de la jeune fille. Il l’introduit
dans les milieux artistiques. En 1883, le
maître cesse d’enseigner pour
partir à Florence. C’est tout
naturellement qu’il demande à
son ami Rodin de le remplacer auprès
de ses élèves. Le sculpteur,
déjà célèbre,
est subjugué par la beauté,
le volontarisme, et la sculpture de Camille.
Pendant quinze ans, ils s’aiment et
s’influencent mutuellement dans leur
travail au point qu’on pense souvent
que l'élève pastiche le maître.
« Je ne tire jamais mes œuvres
que de moi-même », se défend-elle.
Son œuvre vient du plus profond de
son être, de ses souffrances, des
trahisons qu’elle a subies (L'Âge
mûr). La volupté, les
émotions de ses personnages sculptés
sont saisissantes, parfois choquantes pour
l’époque.
En 1898, comprenant que Rodin ne quittera
jamais Rose Beuret, sa compagne de toujours,
elle décide de prendre ses distances.
Elle s’installe au 19 quai Bourbon.
Elle trouve alors son inspiration dans le
japonisme à la mode (Profonde
Pensée) et sculpte de nouvelles
matières comme l’onyx (La
Vague). Certains critiques (Mirbeau,
Morhardt, Vauxcelles) sont élogieux.
Mais petit à petit, la folie l’emporte.
Elle détruit ses œuvres, brûle
ses cires. Sa mère est obligée
de l’interner. Elle meurt à
l’asile de Montdevergues en 1943,
à 78 ans.
La rétrospective du musée
Marmottan permet de découvrir l’œuvre
sensuelle d’une artiste récemment
réhabilitée.
Audrey Deplatière
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