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© Bruno Barbey / Magnum Photos
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Le
Maroc, royaume du photographe Bruno Barbey |
| Intro
en gras. Lecture assasine » que j’ai
écrit lors de mon séjour à
Paris. Je raconte dans quel état d’esprit
je suis arrivé à Paris : pour
imiter Hemingway, loger dans une chambre de
bonne de Marguerite Duras et écrire
mon premier roman. En fait, c’est une
révision très ironique de ma
jeunesse et de la manière dont j’ai
essayé d’écrire ce premier
roman. |
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En 1975, le roi Hassan II décide
de profiter du retrait espagnol du Sahara
occidental pour occuper cette région.
Il le fait pacifiquement en organisant ce
que l'on a appelé la " marche
verte ". Votre reportage sur cet événement
a été l'un des tout premiers
réalisés par vous dans ce
pays. Dans quelles circonstances avez-vous
été amené à
le couvrir ?
J'avais une accréditation pour suivre
la " marche verte ". Je travaillais
à l'époque pour le compte
de Time magazine. De temps en temps,
c'est là l'un des avantages de revêtir
la casquette du photo journaliste qui n'est
pourtant pas ce qui m'intéresse le
plus dans mon métier de photographe
: elle permet d'avoir des accréditations.
Les Marocains n'étaient pas très
regardants sur celles-ci. Ils avaient tout
intérêt à ce que leur
opération recueille le plus large
écho possible dans la presse mondiale.
L'un des rares problèmes qui s'est
posé à nous photographes et
journalistes a été celui de
la logistique. Nous étions très
au sud, à la frontière du
Sahara occidental, au sud d'Agadir. Surtout
la " marche verte " elle-même
a été reportée de jour
en jour pendant trois semaines. Il y avait
des négociations entre l'Espagne
et le Maroc aux plus hauts niveaux, chacun
défendant des intérêts
concurrents sinon opposés. Les Espagnols
ne voulaient pas de cette initiative : ils
ont fait courir le bruit qu'il y avait des
mines. Et la marche en fin de compte a été
surtout symbolique.
La marche verte
Ce qui m'a frappé sur le moment,
c'était de voir ces trois cent mille
individus qui ont été transportés,
nourris, etc.
pendant des semaines
et des semaines sans le moindre problème
sérieux. C'était fascinant
de voir se côtoyer des habitants de
toutes les régions du pays, des citadins
de Casablanca en souliers pointus aux côtés
de Berbères de l'Atlas. Inutile de
préciser que les premiers avaient
le plus grand mal à s'adapter aux
conditions de vie rudimentaires sinon précaires.
Il en allait tout autrement pour les Berbères.
C'était très amusant de voir
cette variété de la société
marocaine : les montagnards, les campagnards,
les habitants des grandes villes, etc. Il
y en a qui tournaient en rond dans le désert
pendant des semaines. C'était quelque
chose d'unique ! On était à
mille lieues d'imaginer que ce serait les
prémisses d'une guerre qui n'est
pas encore terminée plus de vingt
cinq ans après. La partie est loin
d'être gagnée pour le Maroc.
Dans votre travail sur le Maroc, vous
accordez autant d'importance aux villes
qu'aux campagnes. Pourtant la modernité
est étonnamment absente de vos photos.
Pourquoi ?
Au moment de faire la sélection
pour ce livre, j'ai gardé les images
que je trouve les plus fortes. Il n'y a
pas de choses sur la modernité parce
que ce qui m'intéresse, c'est justement
de fixer la mémoire du Maroc. Une
mémoire qui est en train de s'effacer
partout. La mondialisation au Maroc, c'est
une réalité. C'est pourquoi
je me suis attaché au Maroc traditionnel
tel qu'il est encore présent dans
les campagnes et dans les villes
Les
Marocains sont d'ardents défenseurs
de leur culture. La tradition y reste très
forte. Un Maroc intemporel cohabite avec
un Maroc moderne en pleines mutations. Celles-ci
ne sont pas d'ailleurs sans poser des problèmes
et risquent de rompre cet équilibre
fragile
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A
lire sur ZeStory |
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Dix
dates |
| • |
1941 :
Naissance au Maroc |
| • |
1961 :
Premier travail photographique sur les
Italiens |
| • |
1966 :
Entrée dans l'agence Magnum.
Reportages d'actualités aux quatre
coins de la planète |
| • |
1968 :
Reportage sur les événements
de Mai 1968 |
| • |
1970 :
Reportage avec Jean Genet sur les Palestiniens |
| • |
1972 :
Début de son travail sur le Maroc |
| • |
1981-82
: Séjours répétés
en Pologne qui donnent lieu à
la publication d'un ouvrage sur ce pays
en pleine crise politique et sociale |
| • |
1988 :
Elu président de Magnum International |
| • |
1999 :
Maroc, exposition au petit-Palais, musée
des Beaux-Arts de la ville de Paris |
| • |
2003 :
Parution de Maroc, fruit de trente ans
de photographies dans ce pays |
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Bibliographie |
| • |
Maroc, La
Martinière, 2003 >>
Achetez ce livre |
| • |
Gens de Nuages,
Gallimard, 2003 >>
Achetez ce livre |
| • |
Les Italiens,
La Martinière, 2002 >>
Achetez ce livre |
| • |
Essaouira,
Le Chêne, 2001 >>
Achetez ce livre |
| • |
Photopoche
Bruno Barbey, Nathan, 1999 >>
Achetez ce livre |
| • |
Mai 68 ou
l'imagination au pouvoir, La Différence,
1998 >>
Achetez ce livre |
| • |
Fès,
immobile, immortelle, Imprimerie nationale,
1996 >>
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 |
Et
aussi... |
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