Olivier Frébourg, la mer pour horizon
Intro en gras. Lecture assasine » que j’ai écrit lors de mon séjour à Paris. Je raconte dans quel état d’esprit je suis arrivé à Paris : pour imiter Hemingway, loger dans une chambre de bonne de Marguerite Duras et écrire mon premier roman. En fait, c’est une révision très ironique de ma jeunesse et de la manière dont j’ai essayé d’écrire ce premier roman.


A propos de ce continent, vous avez participé à l’opération « Portes d’Afrique ». Cette entreprise initiée par Le Figaro a donné lieu à la publication chez Gallimard de Nouvelles d’Afrique. Pourriez-vous évoquer cette expérience ?

Quand on m’a parlé de ce projet qui consistait à suivre les côtes africaines à bord d’un voilier en réunissant des écrivains, des photographes, des dessinateurs et des peintres, j’ai tout de suite répondu favorablement. Je trouvais cette aventure extraordinaire. On m’a proposé de choisir l’étape. Je n’ai pas hésité et mon choix s’est porté sur Djibouti. Ce port m’a toujours fait rêver. J’avais déjà eu l’occasion plusieurs fois d’y aller mais j’avais préféré à chaque fois différer ma rencontre avec cette ville portuaire. Je tenais à y aller dans des conditions particulières. D’une certaine manière, je me l’étais réservé. C’est le grand port au-delà de Suez. C’est une escale des messageries maritimes. Et puis il y a avait Rimbaud, Loti, Kessel…

L'Erythrée fantôme

Je devais rejoindre le bateau en Erythrée pour me rendre à Djibouti. Mais arrivé sur place, j’apprends que le bateau avait une avarie matérielle et ne pouvait pas poursuivre sa route dans l’immédiat. Nous sommes restés plusieurs jours à Massaoua. Comme pour la Sierra Leone, j’ai eu un choc. Un pays hors du monde, sans touristes et ni cartes bleues. Un pays d’une beauté absolument envoûtante. Grâce à ce problème technique, j’ai pu sillonner cette ville et ce pays comme je le raconte dans Un homme à la mer. Je vais d’ailleurs retourner en Erythrée cette année, tellement j’ai été fasciné par ce pays.

Au fil de notre échange, vous avez mentionné le nom de plusieurs écrivains du voyage. Quel rôle ont-ils joué dans vos propres voyages ? Est-ce que leur influence a été déterminante ?

J’avais beaucoup lu Pessoa et Larbaud avant d’aller au Portugal. Mais si ce pays ne m’avait pas touché intimement, au-delà de toutes références littéraires, je n’y serais sans doute pas retourné régulièrement pendant une dizaine d’années. Si on aime Rimbaud ou Kessel, on sera sensible aux sortilèges de la mer Rouge. Cela peut vous aider pour aller dans tel ou tel pays. Mais, dans mon cas, ce n’est pas déterminant. Quand je suis quelque part, je lis souvent des écrivains qui ont écrit dessus. Je vais cependant toujours privilégier une relation directe, sans intermédiaires, avec le lieu où je me trouve. Ce qui importe avant tout pour moi, c’est la relation presque amoureuse qui va se nouer. Une alchimie que vous ne vous expliquez pas toujours. La littérature peut en être l’un des ingrédients mais c’est plus fort que cela.

Pour voyager, faut-il avoir un port d’attache ?

C’est compliqué. A un moment donné, j’en ai éprouvé le besoin. Je suis revenu en Normandie pour poser mes livres. Grâce à cela, je suis encore plus disponible et plus libre. J’ai adopté un port d’attache. Un retour aux sources pour aller vers d’autres sources, pour mieux repartir en quelque sorte. Quand je me suis installé à Sainte-Marguerite, mon horizon s’est d’un seul coup dégagé… Aujourd’hui, je ne me détermine plus par rapport à Paris mais par rapport à mes futures destinations de voyage. Je me sens plus léger pour partir et revenir.

Propos recueillis par Fabien Spillmann

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 A lire sur ZeStory
Un homme à la mer
Actus | semaine du 19/05/04
Frébourg, naufrage antillais
Belle Histoire
Frébourg, journaliste en haute mer
Belle Histoire
   
 Cinq dates
1965 : Naissance à Dieppe
1986 : Publication de son premier reportage dans Libération
1989 : Parution de Roger Nimier. Trafiquant d'insolence
1991 : Parution de son premier roman, Basse saison
2004 : Création des Editions des Equateurs
   
 
 Bibliographie
Un homme à la mer, Mercure de France, 2004
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Ports mythiques, Le Chêne, 2002
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Esquisses normandes, National Geographic, 2002
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Maupassant, le clandestin, Gallimard, 2002
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Ces étés-là, La Table ronde, 2000
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Port d'attache, Albin Michel, 1998
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Souviens-toi de Lisbonne, La Table ronde, 1998
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La vie sera plus belle, Albin Michel, 1994
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Basse saison, Albin Michel, 1991
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Roger Nimier. Trafiquant d'insolence, Le Rocher, 1989
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 Et aussi...
Site Internet du Mercure de France
Site Internet des Editions des Equateurs
Site Internet des Portes d'Afrique
   
 
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