Escadrons de la mort, l'école française
De Marie-Monique Robin
La Découverte
En librairie

Quelle part de responsabilité la France a-t-elle dans la politique de répression pratiquée en Amérique latine par les dictatures militaires, dans les années 1970 et 1980, pour lutter contre toute forme d’opposition, y compris et surtout intérieure ? C’est à cette question que le documentaire puis aujourd’hui l’essai de Marie-Monique Robin essaient de répondre. La journaliste et réalisatrice le fait sans complaisance aucune. Au terme d’une enquête qui l’a menée sur place, l’a plongée dans une documentation très dense d’accès parfois difficile, et lui a permis de rencontrer de nombreux témoins et acteurs des deux côtés de l’Atlantique comme les généraux français Bigeard et Aussaresses, elle s’est forgée une solide conviction.

Pour elle, il ne fait pas de doute que, forte des enseignements tirés de ses guerres coloniales et, en particulier, de l’expérience algérienne, la France et son armée ont été à la pointe des doctrines et des techniques de lutte antisubversive. A partir des années soixante, elle en fait profiter des pays comme l’Argentine et le Brésil où l’on retrouve à la tête des missions militaires françaises des officiers ayant servis en Algérie et impliqués dans la torture. Très vite, la « greffe française » dépasse les frontières de ces seuls pays pour toucher l’ensemble du continent sud-américain grâce à des réseaux de coopération et d’échanges d’informations entre les dictatures en place.

Fabien Spillmann

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