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Z : Quel sujet étrange et
dangereux que le coup de foudre ?
FXG : C’est le sujet
qui plaît et effraie le plus. On est
conscient que le coup de foudre existe mais
personne ne l’aborde de la même
manière. C’est le dernier grand
mystère en ce monde. Le coup de foudre
c’est aussi le bûcher des vanités.
Jean-René Huguenin* disait : “
il faut connaître l’humiliation
d’aimer ”. Je ne suis pas
d’accord, je pense au contraire qu’il
y a beaucoup d’orgueil parfois dans
le fait de vivre un coup de foudre.
Zest : Comment êtes-vous venu
à l'écriture?
François-Xavier
Gauroy : J’ai dû gagner un prix
de littérature vers l’âge
de 7 ans et depuis, je ne me suis pas arrêté
!
J’ai travaillé de façon
épisodique pendant 10 ans avec France
Culture. J’ai notamment écrit
des séries de nouvelles jouées
par Fanny Cottençon et Sandrine Le
Berre et diffusées à partir
de 1998 dans le cadre du nouveau répertoire
dramatique de France Culture.
Je suis comédien amateur… avec
la volonté de ne pas le rester !
Et je suis un afficionado, un passionné
de corrida, depuis ma plus petite enfance.
Z : Dans toutes celles que vous
avez découvertes, quelle histoire
d'amour vous fascine le plus ?
FXG : Sans hésiter
Albert Camus et Maria Casarès, je
les admire individuellement tous les deux
et je ne me doutais pas de la violence de
leur coup de foudre. L’histoire de
Frédéric Dard a modifié
la vision que j’avais de lui. Je ne
l’imaginais pas prêt à
se suicider par dépit amoureux !
Enfin, que Saint-Exupéry demande
la main de sa future femme en la menaçant
de jeter son avion à la mer m’a
quelque peu surpris également !
Z : Y-a-t-il des histoires qui
vous ont touché et qui n’apparaissent
pas dans l’ouvrage ?
FXG : Oui, j’ai une
certaine tendresse pour l’histoire
de Jacques Mesrine et Sylvie Jeanjacquot.
Mesrine, alors en cavale, fait la connaissance
de Sylvie Jeanjacquot en 1977 dans un bistrot
glauque qu’elle tient en banlieue
parisienne. Il la séduit, lui dit
qu’il est chef de chantier, et l’emmène
faire un tour à moto. A un carrefour,
ils croisent deux flics, à moto eux
aussi. Mesrine démarre comme un fou
en tentant de leur échapper. Et Sylvie
de s’exclamer à la fin de la
course poursuite : “ bon, maintenant
tu me dis tout, tu n’es pas chef de
chantier ! ”
Le couple Gabin-Morgan m’a touché
aussi. A l’issue du tournage de La
Remorque de Jean Gremillon, où
ils jouent tous les deux, l’agent
de Michèle Morgan lui annonce qu’elle
va devoir quitter rapidement les lieux du
tournage pour jouer dans le nouveau film
de Christian Jacque, La jonque.
Morgan, désespérée
de devoir quitter Gabin, devient blême.
L’agent pense qu’elle doit avoir
le mal de mer… Gabin, penchant la
tête, lui dit affectueusement : “
Tu ferais un joli p’tit mousse
tu sais ”.
Z : François-Xavier, Merci
!
* Jean-René Huguenin, fondateur
de la revue Tel Quel avec Philippe
Sollers et Jean Hedern-Hallier, il écrit
La côte sauvage
en 1960. Il meurt deux ans plus tard, dans
un accident de voiture, la même année
que Roger Nimier.
Propos recueillis par
Magali Boragno
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