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En 1959, le réalisateur Pier
Paolo Pasolini, se lance dans un voyage
le long des côtes italienne, pour
en rapporter La Longue route de sable.
Un récit acéré comme
seuls peuvent l'être les grands sentiments,
qui ont toujours animés l'artiste.
En 2001, c'est au tour du photographe Philippe
Séclier, de mettre, en noir et blanc,
ses pas dans les traces laissées
par Pasolini...
Le pays a changé, et, pourtant, tout
se passe comme si Pasolini était
le guide de Séclier, comme si l'on
pouvait encore, vraiment, refaire le voyage...
Pasolini a bord de sa Fiat "Millecento",
traverse les villes comme s’il les
déchirait, dévoilant leur
vérité et la sienne. Comme
souvent, ce récit sur l'errance nous
en apprend autant sur l’auteur que
sur les lieux traversés. De San Remo
à Naples, en passant par les magnifiques
îles d'Ischia et de Capri, Séclier,
lui, offre des photos magnifiques...et pourtant,
textes et images ne s'illustrent pas, mais
se répondent, par delà les
années... Ports et chambres d'hôtels,
violents éclats de lumière,
rencontres impromptues et rendez-vous manqués,
Pasolini suit une route dont il ne connait
pas la destination... C'est en poéte
qu'il "visite" l'Italie, mais
aussi en tant que citoyen, pris à
partie par ce décallage entre l'Italie
dont il rêve, et l'Italie telle qu'elle
est : une différence profonde entre
ses souvenirs et la réalité
qu’il découvre au fil des heures.
Tout ne sera plus jamais comme avant. Les
mutations du tourisme balnéaire traduisent
des mutations plus profondes : les régions,
pleines de surprises, de curiosités,
d’apparitions, font place à
un monde sans arête dont le seul intérêt
réside dans la consommation Le poète
assiste, dés 1959, à un cruel
constat d’uniformisation du monde
latin. La transition entre cultures locales
et culture de masse est décrite avec
une rigueur implacable... Les photos de
Séclier, sont là pour faire
état de ce constat, quarante ans
plus tard...
La Longue route de Sable pourrait
se lire comme la confirmation de l’originalité
de Pasolini, et de sa faculté
a réussir le tour de force d’écrire
en cinéaste pour mieux filmer en
poète...
Julie Chamard
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