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"Et comment vous appelez-vous
?
-Je l'ai sur le bout de la langue."
Ainsi commence le nouveau roman d'Umberto
Eco, La Mystérieuse flamme de
la reine Loana. Yambo, 60 ans, libraire
antiquaire, perd la mémoire à
la suite d'un accident cardio-vasculaire.
Et, comme on s'en doute à la lecture
des premières phrases, le vieil homme
part à la recherche de ses souvenirs.
Dans cette quête d'identité,
il ne peut que s'accrocher à sa culture
livresque, elle restée intacte, et
aux révélations de sa famille
et de ses amis.
Umberto Eco truffe son texte de citations
et références littéraires,
multipliant ainsi encore une fois les clins
d'oeil au lecteur. Car c'est à la
lumière de vieux magazines, de bandes
dessinées, de romans d'aventure où
se côtoient Arsène Lupin, Pinocchio,
Cyrano ou Flash Gordon, et de compositions
rédigées enfant qu'il reconstruit
pas à pas son passé. Une fresque
historique de près de vingt années
se déploie alors sous nos yeux, mêlant
destin national et individuel. Comment Yambo,
enfant puis adolescent, à la fois
docile et résistant, vit-il dans
l'Italie fasciste de Mussolini ?
La Mystérieuse flamme de la reine
Loana, c'est donc la reconquête
d'une mémoire, le tableau d'une époque
et (enfin !) une histoire d'amour. Une mystérieuse
Lila, créature splendide mais insaisissable
(qui pourrait ressembler à la Roxane
de Cyrano...) se perd parfois dans les méandres
de la mémoire de Yambo.
On se dit alors qu'on est face à
un livre dense, quasi auobiographique, mais
qui lasse à force d'érudition.
Où se cache l'émotion ?
Puis vient l'état de grâce,
la troisième partie du roman, celle
où l'on apprend que le vieil homme
est de nouveau dans le coma. A sa grande
surprise (et à celle du lecteur),
tout lui revient : les questions des pages
précédentes trouvent leur
réponse tout naturellement. Sa vie
défile sous ses yeux, les êtres
chers aussi, les héros de son enfance
et bien sûr la belle Lila. Les personnages
se croisent et se superposent dans une splendide
composition apocalyptique qui relève
à la fois de l'Enfer et du Paradis...
A lire : Ecce
Eco
Audrey Deplatière
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