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Et si au commencement
était le jazz ? Les Anges de l'Apocalypse
étaient peut-être les membres
d'un orchestre de jazz harnaché de
plumes. Ce roman-biographie a été
écrit en hommage à Benjamin
Francis, "Ben" Webster. Velibor
Colic revisite les principales étapes
de l'existence de ce prodigieux musicien
que fut "Neb" le saxophone ténor
de l'inoubliable orchestre de Duke Ellington.
En le suivant dans le roman de son destin,
c'est toute l'histoire du jazz que nous
revisitons de l'intérieur...
Perdido, n’est pas une biographie,
et encore moins un travail de journaliste…C’est
encore une biographie « imaginée
» où les personnages réels,
se mêlent à la fiction, ou
aux fantômes… Les lieux, les
temps, les amis musiciens (Duke Ellington,
Oscar Peterson, Herb Ellis…) sont
réels, les autres : les femmes, les
voyages et les anecdotes sont issus de l’imagination
de l’auteur… Les rencontres,
les chambres d’hôtel, les voyages
se succèdent comme des morceaux de
jazz, tristes et enfumés, parfois
même alcoolisés…
Entre chaque "morceau" , une photo
de l’album du musicien, un album fictif
lui aussi. L’auteur évoque
une fois de plus ses thèmes préférés
: l’exil, la solitude, les tragédies
du quotidien, le lien entre le sexe et la
mort, entre le rêve et l’état
de veille… Perdido est aussi un roman,
sur la perte… La perte d’un
être que l’on aime, ou du pays
natal (rappelons que Colic a fuit la Bosnie
après avoir déserté
l’armée durant la guerre…).
Colic nous dresse l’inventaire de
tout ce qu’un homme peut avoir dans
sa vie (les femmes, l’argent, la gloire,
les amis) mais qu’il perd finalement
et peut-être inéluctablement…
Après La vie fantasmagoriquement
brève et étrange d’Amadeo
Modigliani, l’auteur nous offre
un livre aussi doux que lyrique, un chef-d’œuvre
de plus...
Julie Chamard
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