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Le duo glam'rock d'Elysian Fields
revient avec l'album Bum Raps &
Love Traps, leur septième album,
toujours aussi loin des conventions et de
la lumière des spotlights...
On avait découvert une autre facette
de la chanteuse Jennifer Charles, aux côtés
de Jean-Louis Murat, mais elle reste avant
tout, la chanteuse envoûtante de ce
duo désormais mythique, aux côtés
du guitariste Oren Bloedow (toujours aussi
classe...). En associant sa voix toujours
aussi douce et sulfureuse, à un talent
lyrique et une sensibilité artistique,
d'une acuité rarement rencontrée...
Véritable icône d'un microcosme
culturel sans frontières, Elysian
Fields perpetue le culte en se produisant
assez rarement et en évitant les
médias... Et si Jeff Buckley, autre
mythe emblématique, était
l'un de leurs plus grands fans, il n'y a
pas de hasard... Des airs de folk fébrile,
de blues crasseux ou de rock contenu comme
autant de lamentations urbaines... Le chant
légèrement éraillé
et sensuel de Jennifer Charles se termine
dans une apothéose d'élucubrations
vocales (Lame lady of the higway)
entre mystère et frémissement.
Les neuf titres sont teintés d’une
grâce obscure, d'ambiances (noctambules)
d’une subtilité et d’une
modestie notables, loin de toute l'esbroufe
et des artifices du monde de la nuit. Après
dix ans d'existence, le groupe maîtrise
leur spécialité (la pop atmosphérique...)
sans pour autant tomber dans l'exercice
de style ou le recyclage. Une charge mélancolique
irrésistible, dérangée
et sensuelle, instable et lumineuse... Obsédante...
Julie Chamard
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