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Encore assez méconnu en France,
l'art contemporain indien est souvent occulté
par la culture Bollywood... Grâce
à cette initiative, pour la première
fois en France, l'exposition Indian
Summer, nous prouve que l'art contemporain
devra désormais compter avec ces
jeunes artistes indiens...
Le principe de l'exposition repose sur la
présentation d'une de cette nouvelle
génération qui pratiquent
la peinture, la sculpture, la vidéo,
la performance ou l'installation en des
démarches souvent pluridisciplinaires.
Cette jeune scène qui questionne
tradition et modernité est en train
de renouveler et de remodeler complètement
le paysage des arts plastiques en Inde.
Ils sont en effet nombreux à détourner
les symboles de la culture indienne, de
l'éléphant recouvert de spermatozoïdes
à la vache sacrée couchée
sur des matelas... Leur art se veut avant
tout une réflexion sur une société
indienne en pleine évolution. Ainsi
les "bindis" (points de couleur
qui décorent le front des femmes
hindoues) sont complètement désacralisées
par l'artiste Bhati Kher, alignés
sur une toile ils ne sont plus que matériaux,
touches de couleur et objets standardisés...
Les artistes donnent également leur
vision de la société mondiale,
en marge de la culture indienne, avec des
photomontages représentants des corps
manipulés, mi-humains mi-animaux,
une installation au regard critique sur
la télévision et des vidéos
sur le corps en mouvement... Ces vingt-quatre
artistes ont une vision complète
de la création mondiale, avec une
prévisible inclination en faveur
de la Grande-Bretagne...
De façon tout aussi prévisible,
ils assimilent dans leurs travaux des éléments
et des références en provenance
de leur quotidien de Bangalore ou New Delhi.
Mais certainement pas pour la couleur locale,
car lorsqu'elle apparaît, c'est dans
le registre du pastiche ou de l'autodérision.
Les Indiens ont d'autres motifs que les
vaches sacrées, les éléphants,
les cobras et les tigres, ce qui ne les
empêche nullement d'en introduire
de temps en temps, par provocation, on l'aura
compris...
Julie Chamard
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