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L'automne, aura été
sans conteste, la saison du Lac des
Cygnes... Après la version historique
du Théâtre Mariinski, puis
celle très dépouillée,
pour ne pas dire profondément minimaliste,
de Raimund Hoghe (Théâtre de
la Bastille), c'est la version très
contestée et totalement sexy, de
l'anglais Matthew Bourne qui arrive enfin
en France au théâtre Mogador.
Le metteur en scène a en effet choisi
de composer une oeuvre où tous les
cygnes sont des hommes... A sa création,
en 1995, au Sadler's Wells Theater
de Londres, le choc fut grand ! Et pourtant,
avec cette nouvelle version , Matthew Bourne
a réussi à mêler tous
les ingrédients du succès:
l'irrévérence et le divertissement...
Cette version un peu plus "osée"
du Lac des Cygnes, est pourtant
loin d'être une plaisanterie anodine
ou aguichante... On est au cœur du
conflit de l'homme, partagé entre
sa vie sociale et sa vie intérieure,
entre le fantasme et la réalité...
Les personnages sont parfois un peu caricaturaux,
mais néanmoins très bien cernés,
et les interprètes sont autant comédiens
que danseurs. Parce que Matthew Bourne est
un chorégraphe qui pourrait être
cinéaste, et qu'il n'a pas son pareil
pour élaborer des histoires. Il a
conçu celle ci comme un film, en
suivant une logique qui lui est propre:
passer de la tragédie psychologique
où s'affrontent vie privée
et vie publique, à la tragédie
amoureuse et romantique...
C'est également une très bonne
façon de découvrir Tchaïkovski,
pour ceux qui ne connaitraient pas encore,
n'en déplaisent à certains
puristes... Autant, on peut craindre et
dénoncer la vulgarisation des oeuvres
classiques, (comme le fait André
Rieu, par exemple...) autant, la version
moderne du Lac des Cygnes de Matthew
Bourne, peut plaire à un large public,
même néophyte, sans pour autant
trahir l'esprit de cette oeuvre majeure
du répertoire classique...
Julie Chamard
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