|
Lorsque Antonin Artaud
lit l’article d’un éminent
docteur dans lequel celui-ci établit
la schizophrénie "dégénérée"
de Van Gogh, il enrage. Réduire la
vision, la poésie à une maladie
des sens, voilà contre quoi lutte
depuis longtemps déjà Artaud,
au même titre que Rimbaud. Il se rend
alors à une nouvelle exposition du
peintre, puis rentre chez lui et jette sur
le papier les premiers mots de son Van
Gogh le suicidé de la société
: "Non, Van Gogh n’était
pas fou…"
Artaud était un homme de théâtre,
et son texte, écrit un an avant sa
mort, méritait de revenir sur la
scène. C’est chose faite grâce
à Claude Confortès, qui, ébloui
par son œuvre, a décidé
de la mettre en scène. Un homme déclame
les mots du poète, un autre l’habille
de percussions, et le couple maudit Artaud-Van
Gogh reprend vie…
Pierre Ducrozet
|