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Un jeune homme se couche avec le
bourdonnement incessant d'un hanneton dans
la tête (ou peut-être est-ce
dans la réalité). Il se glisse
sous son édredon, ferme les yeux
et commence un numéro cocasse : le
lit se dresse, le jeune homme perd une jambe,
un bras, une tête. On l’aura
compris : son sommeil est plus qu’agité.
Mais voilà que le réveil sonne
et que s’annonce une belle journée…
tout aussi troublée que la nuit !
Notre homme habiterait-il un monde qui n’est
pas le nôtre, rêverait-il ou
vivrait-il un rêve éveillé
?
Peu importe, les tableaux s’enchaînent
à une vitesse vertigineuse dans un
salon baroque où un papillon aux
ailes irisées surgit de nulle part,
où une toile prend vie, où
le double du personnage (à la fois
reflet du miroir, ombre, alter ego) ne cesse
de le poursuivre pour finir par acquérir
sa propre autonomie. Le comique alterne
avec des moments de poésie pure (voir
ce sublime numéro de trapézistes
sur un lustre où les corps se repoussent,
se cherchent et s’enlacent). On va
de rebondissements en rebondissements. Il
y a de la musique, du chant, de la contorsion,
de la jonglerie, de la danse, des numéros
d’équilibriste… Les personnages
se métamorphosent à volonté
et deviennent araignée, singe, dragon,
plante humaine, bêtes imaginaires
et créatures hybrides. La
Symphonie du Hanneton, c’est
tout ça à la fois ! Un concentré
d’images, de couleurs, d’énergie
et de créativité.
Enfin, le soir arrive... Mais le dîner
se transforme bientôt en lutte insensée
avec armure et bouclier puis se métamorphose
en combat d’animaux fantastiques pour
se terminer dans une joyeuse cacophonie,
dans un tourbillon visuel, au milieu de
flèches de plumes de paon ! Bref,
La Symphonie du Hanneton, ça
ne se raconte pas, ça se voit…
et se savoure.
A lire : Les
mille et une
vie du théâtre du Rond-Point
Audrey Deplatière
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