|
Sur la scène, un double décor
: le salon cossu des Foster et celui, beaucoup
moins bourgeois, des Philips, révélateurs
de deux couples que tout semble opposer.
Pourtant, le temps d’un soir, Bob
Philips, macho invétéré
qui ne respecte rien ni personne (et surtout
pas sa femme et son enfant), a une aventure
avec Fiona Foster, l’épouse
de son manager.
A trois heures du matin, ils rentrent chez
eux, chacun de leur côté. Mais
lorsque leur partenaire respectif se réveille,
il faut s’expliquer… C’est
là qu’intervient un troisième
couple, Mary et William Chesnutt, gens discrets
et un peu ternes (mais les plus drôles
de la pièce !). Fiona aurait rencontré
Mary, accablée, soupçonnant
son mari d’adultère. Bob aurait
pris un verre au pub avec William pour le
consoler des infidélités de
sa femme. Deux petits mensonges qui n'auraient
pas dû porter à conséquence…
Mais tout se complique quand Frank Foster,
qui a offert récemment une promotion
à William, souhaite régler
le problème affectif de son subordonné
et l’invite avec Mary à dîner
le jeudi soir. De son côté,
Carol Philips, qui connaît bien son
Don Juan de mari, décide d’accueillir
les Chesnutt chez elle le vendredi, dans
la soirée, pour en savoir un peu
plus.
L’originalité de la mise en
scène réside dans la simultanéité
des deux dîners : deux lieux différents,
deux soirées consécutives,
sur une même scène, les uns
chez les autres… On s’y perd
un peu au début. Mais très
vite les répliques s’enchaînent
naturellement, les quiproquos aussi, les
mensonges, les coups bas. Et le quatuor
Foster/Philips réussit à semer
la zizanie dans le couple Chesnutt !
Dans ce vaudeville moderne beaucoup de thèmes
s’entremêlent : la rancœur
conjugale, les désastres inutiles
qu’entraînent mensonges et bonnes
intentions (plus surprenant…). Tout
le monde a sa part de responsabilité
dans ce petit jeu. Derrière des personnages
caricaturaux, loufoques, Alan Ayckbourne
dresse un portrait grinçant de ses
contemporains.
Audrey Deplatière
|