Les uns chez les autres
Comédie anglaise de Alan Ayckbourn
Adaptation et mise en scène de Gildas Bourdet
Avec Nathalie Blanc, Marie-Paule Kumps, Laurent Lafitte, Isabelle Paternotte, Philippe Séjourné, Jean-Yves Roan
Théâtre Marigny-Robert Hossein
Carré Marigny-75008 Paris
tél : 01 53 96 70 30
Jusqu'au 30/07/05

Sur la scène, un double décor : le salon cossu des Foster et celui, beaucoup moins bourgeois, des Philips, révélateurs de deux couples que tout semble opposer. Pourtant, le temps d’un soir, Bob Philips, macho invétéré qui ne respecte rien ni personne (et surtout pas sa femme et son enfant), a une aventure avec Fiona Foster, l’épouse de son manager.

A trois heures du matin, ils rentrent chez eux, chacun de leur côté. Mais lorsque leur partenaire respectif se réveille, il faut s’expliquer… C’est là qu’intervient un troisième couple, Mary et William Chesnutt, gens discrets et un peu ternes (mais les plus drôles de la pièce !). Fiona aurait rencontré Mary, accablée, soupçonnant son mari d’adultère. Bob aurait pris un verre au pub avec William pour le consoler des infidélités de sa femme. Deux petits mensonges qui n'auraient pas dû porter à conséquence…

Mais tout se complique quand Frank Foster, qui a offert récemment une promotion à William, souhaite régler le problème affectif de son subordonné et l’invite avec Mary à dîner le jeudi soir. De son côté, Carol Philips, qui connaît bien son Don Juan de mari, décide d’accueillir les Chesnutt chez elle le vendredi, dans la soirée, pour en savoir un peu plus.

L’originalité de la mise en scène réside dans la simultanéité des deux dîners : deux lieux différents, deux soirées consécutives, sur une même scène, les uns chez les autres… On s’y perd un peu au début. Mais très vite les répliques s’enchaînent naturellement, les quiproquos aussi, les mensonges, les coups bas. Et le quatuor Foster/Philips réussit à semer la zizanie dans le couple Chesnutt !

Dans ce vaudeville moderne beaucoup de thèmes s’entremêlent : la rancœur conjugale, les désastres inutiles qu’entraînent mensonges et bonnes intentions (plus surprenant…). Tout le monde a sa part de responsabilité dans ce petit jeu. Derrière des personnages caricaturaux, loufoques, Alan Ayckbourne dresse un portrait grinçant de ses contemporains.

Audrey Deplatière

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