De
Nelson Rodrigues
Mise en scène de Thomas Quillardet
Avec Aurélien Chaussade, Maria-Clara
Ferrer, Julie Kpéré, Bernard
Lanneau, Claire Lapeyre-Mazerat, Alice Le
Strat, Mounir Margoum, Julien Saada, Lionel
Tua
Théâtre Mouffetard
Jusqu'au 10 novembre
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Une rumeur orchestrée
par les médias ruine la vie d’une
famille… La représentation
à vif d’une mise à mort
sur mesure…
Comment étouffer un scandale ? Provoquer
un autre scandale. Amado Ribeiro, journaliste
véreux de la presse à sensation
propose de calmer la campagne de discrédit
qu’il a lui-même lancée
contre le commissaire Cunha en montant de
toute pièce une rumeur qui va occuper
la ville de Rio de Janeiro et faire les
choux gras de la presse à scandale.
Tout part d’un fait vrai auquel assiste
Amado Ribeiro. Un bus a renversé
un jeune homme. Un passant accoure auprès
de lui et l’embrasse sur la bouche
avant qu’il ne meure. Le titre qui
va faire la une des journaux est trouvé
: le Baiser sur l’asphalte. De fil
en aiguille et de suspicion en faux témoignages,
l’affaire va prendre des proportions
qui va balayer à coup de on dit et
de non dit le bonheur tranquille d’une
famille sans histoire. Arandir, le passant
malheureux, sous le choc de la mort sous
ses yeux d’un inconnu, va passer dans
le rouleau compresseur de la presse et d’une
police sans scrupule. Sa femme, sa principale
alliée, en viendra à douter
puis à le renier, comme toute la
ville, le retranchant dans les limites de
la raison.
La pièce de Nelson Rodrigues, pour
la première fois représentée
sur la scène parisienne, décortique
avec génie la naissance d’une
rumeur et le poids du regard des autres
à travers le thème de l’homosexualité
qui traverse toute la pièce sans
jamais être citée, comme une
autocensure des personnages. Les secrets
de famille et les obsessions de chacun se
mêlent à la rumeur pour gonfler
le scandale et rendre encore plus étouffant
l’atmosphère de la pièce.
Les tête-à-tête deviennent
des scènes d’extirpation d’aveux
et des affrontements où chacun laisse
échapper des bribes de vérités
qui reconstituent peu à peu le puzzle
d’une machination. La tension est
admirablement tenue par des comédiens
qui se partagent les rôles en passant
des victimes aux bourreaux, comme si chacun
portait en lui les deux versants du drame…
Ange Lise (rédactrice pour
le site Quiproquo)
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