Parcours
New York en toute liberté

Pour découvrir New York, offrez-vous un long week-end à Manhattan. Alors qu’aujourd’hui ce quartier est le plus cher de la ville, l’île fut achetée aux Indiens au début du XVIIe siècle pour une poignée de florins seulement.


La ville basse

En commençant votre première promenade à Manhattan, vous aurez une pensée pour les tours jumelles du World Trade Center, détruites à la suite des attentats sanglants du 11 septembre 2001. En dépit de leur absence, « la ville debout » contient encore bien d’autres grattes-ciel. Dans le quartier Sud, les rues prennent ainsi des allures de canyons où la lumière est une denrée rare. Et même dans l'avenue Broadway, qui signifie pourtant « route large », on devine avec difficulté le sommet des bâtiments…

Sur votre gauche, engouffrez-vous dans Wall Street. S’élève alors, monumentale, la Bourse de New York, créée en 1792. En dépit des tourments de l’économie américaine, telle la crise de 1929, le New York Stock Exchange est demeuré la première place financière du monde. Le jeu des spéculateurs a d’ailleurs inspiré les armoiries de l’édifice.


Continuez votre course vers le sud et prenez le bateau pour Ellis Island. A la fin du XIXe siècle, devant la poussée de réactions xénophobes, cette île devint le lieu de transit obligé des immigrants. Parmi eux, nombreux furent les Juifs qui, au tournant du XIXe et du XXe siècle, vécurent cet exil dont Georges Perec honore la mémoire. Continuez ensuite votre croisière jusqu’à la statue de la liberté, symbole de l’Amérique triomphante.


Pour terminer votre première journée, rien de tel qu’une petite ballade au crépuscule dans Lower East Side, la partie de la ville où se sont rassemblées les communautés culturelles. Vous pourrez ainsi voir Chinatown ou encore Little Italy, le quartier tant aimé de Cerdan. Faites également un tour à Soho. Au début du XXe siècle, Greenwich Village était le lieu de bohème de nombreux écrivains comme D. H. Lawrence. Mais dans les années 1970, le quartier devint trop cher et les artistes commencèrent à s’exiler dans l’ancien quartier marchand de Soho. C’est là qu’Andy Warhol installa sa Factory et lança la mode du loft. Peu après, Jean-Michel Basquiat quitta le métro new-yorkais où il griffonnait des poèmes et des dessins pour le rejoindre. Mais le quartier de Soho devint lui-même trop couru et les artistes partirent de nouveau pour aller s’implanter à Tribeca.



La ville moyenne

Pour votre seconde journée dans New York, surnommée la « Grosse Pomme », commencez par vous rendre à Times Square. Ce quartier porte le nom du fameux journal qui vint s’y installer en 1904. Cette arrivée donna naissance à une traditionnelle fête du nouvel an. En 1916, le quartier fut totalement électrifié. Broadway, la principale avenue du quartier, s’orna alors d’immenses panneaux d’affichage. Elle prit dès lors le patronyme de « voie blanche », car elle semble aussi éclairée de jour que de nuit. Alors qu’à ses débuts l’avenue était une enfilade de théâtres, elle devint progressivement un lieu mythique du cinéma. A bien des égards, le Roxy et le Paramount incarnent l’essence de Broadway, étant à la fois le « temple de Salomon », « Saint-Paul de Rome », le « Parthénon » et « la vallée des Rois » du cinéma selon Paul Morand.

Lors de votre promenade dans Manhattan, rendez-vous au pied du Chrysler Building par la 42e rue. Coiffé de fenêtres triangulaires, ode à l’automobile par ses éléments provenant de carrosseries, il est l’un des grattes-ciel les plus étonnants de New York. En le faisant édifier en 1928, Walter Percy Chrysler souhaitait battre le record de hauteur. Mais son rival de l’automobile, John Jacob Rascob, vice-président de General Motors, commandita l’Empire State Building. Et cette tour, édifiée un an plus tard, dépassa sa consœur de soixante-dix mètres.


Le plus important ensemble privé de grattes-ciel reste le Rockefeller Center, construit en 1931 à la demande de John D. Rockefeller. L’ensemble se compose de dix-neuf buildings dressés en octogone. Parmi ses magasins les plus réputés se trouve la librairie Brentano, décrite par Morand comme « les catacombes de l’information ». En faisant bâtir ce complexe, Rockefeller cherchait à donner un nouveau souffle à une ville encore abasourdie par la crise de 1929. Mais bien plus encore, il espérait symboliser par ces édifices la puissance américaine. C’est pourquoi il supporta mal l’humour de Diego Rivera, artiste chargé d’orner de peintures l’intérieur des bâtiments…



La ville haute

Après tant de grattes-ciel, vous apprécierez certainement le calme de Central Park. Aujourd’hui comptant parmi les lieux les plus prisés de New York, il fut créé à la fin du XIXe siècle pour permettre aux habitants les plus pauvres d’accéder à la verdure. Des personnalités, comme John Lennon, se sont installées dans les immeubles environnants pour profiter de sa tranquillité. Le midi, par beau temps, les New-Yorkais y pique-niquent, déballant alors des montagnes de nourriture. Au détour d’un bosquet, rejoignez la rue des mille musées, où s’enchaînent essentiellement la Frick collection, le Metropolitan Museum of Art et le Musée Guggenheim.

Parcourez ensuite Harlem, qui devint le refuge de vagues d’émigrants successives, dont la plus tardive fut celle des afro-américains. Dans les années 1930, ce quartier devient l’avant scène du jazz. Duke Elligton et Ella Fitzgerald y firent notamment leurs classes. Enfin, sortez de Manhattan par Brooklyn Bridge, le pont qui mène au quartier huppé de Brooklyn, dont Francis Scott Fitzgerald dépeind les moeurs dans Gatsby le Magnifique. Au milieu du pont, retournez-vous. En quinze secondes, vous comprendrez alors New York, cette ville transformée en un espace sculpté à l’extrême...


Odile Mornet

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